Tunisie : ce qu’il faut retenir de l’actualité du mois de janvier

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01.02.2018

La Tunisie, en janvier, a connu de forts mouvements de contestation sociale, en réponse à la cure d’austérité du gouvernement.

Tous les mois, retrouvez un résumé de l’actualité d’un pays et d’un domaine donnés. Aujourd’hui, focus sur le volet économique et social tunisien.

Si les choses sont revenues à la normale – ou presque – après deux semaines de contestations sociales, la Tunisie aura connu un mois de janvier assez mouvementé. En effet, dès le début du mois de janvier, des manifestations et protestations sociales ont éclaté un peu partout dans le pays : à Jedaida (nord), Siliana (nord-ouest), Kasserine et Sidi Bouzid (centre), Tebourba (30 km de Tunis), Gafsa (sud). Et durant ces manifestations, des heurts ont souvent opposé jeunes manifestants et forces de l’ordre.

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Un climat socio-économique tendu

C’est surtout contre la loi de finances 2018 qu’une partie des Tunisiens a envahi la rue. Le texte présenté par le gouvernement s’efforce de réduire le déficit public en le confinant à 4,9 % du PIB en 2018 ; il enregistre également une progression de la TVA de 1 %, des changements de taux pour certains produits et des hausses de tarifs douaniers.

Ce qui implique, pour la population, en ce début d’année, une rafale d’augmentations de prix sur des produits – plus ou moins essentiels. Le taux d’inflation tunisien a ainsi atteint 6,4 % jusqu’au mois de décembre dernier, indiquait il y a quelques semaines l’Institut national de la statistiques (INS) de Tunisie. « Le taux d’inflation a connu sur l’ensemble de l’année 2017 une courbe ascendante partant de 4,6 % en janvier jusqu’à 6,3 % en novembre, passant par une stabilisation à 4,8 % durant les deux mois de mai et juin derniers ».

La dette publique et le déficit commercial, de leur côté, atteignent des niveaux inquiétants. En novembre 2017, la première s’élevait à 67,256 milliards de dinars (22,733 milliards d’euros), soit 69,5 % du PIB. Quant au second, il devrait atteindre 15 milliards de dinars (5 milliards d’euros) pour 2017. Pendant ce temps, la devise tunisienne a dévissé face à l’euro, perdant environ la moitié de sa valeur en quatre ans.

« Petite éclaircie » pour le FMI

Pour rappel, la Tunisie a obtenu une nouvelle ligne de crédits du Fonds monétaire international (FMI) en 2016, d’un montant de 2,4 milliards d’euros sur quatre ans, en échange d’un programme visant à réduire les déficits. Ce qui explique le tour de vis opéré par le gouvernement ces derniers temps.

A la suite d’une visite d’experts du FMI en octobre dernier, l’institution a publié une déclaration dans laquelle ils affirment « que la nécessité de créer des emplois et contenir la dette publique doivent être au centre de tout effort de réforme économique ».

Et la Tunisie a été bonne élève, puisque le directeur du département Asie centrale et Moyen-Orient du FMI, Jihad Azour, a déclaré le 29 janvier dernier que la Tunisie était sur la bonne voie, grâce aux dernières réformes menées, pour libérer le marché et le budget 2018.

En effet, dans un entretien avec Reuters, en marge de la conférence de Marrakech, organisée les 29 et 30 janvier, par le FMI, le Fonds monétaire arabe (FMA), et le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES), autour du thème « Opportunités pour tous : croissance,  emploi et  inclusion dans le monde arabe », le haut responsable du FMI a appelé la Tunisie à améliorer son climat des affaires et à poursuivre la réforme du secteur public. La masse salariale fait en effet partie des plus élevées au monde, avec 15 % du PIB.

Visite d’Emmanuel Macron

Le mois de janvier se soldera enfin par une visite officielle de deux jours (hier et aujourd’hui) du président français, Emanuel Macron, lors de laquelle il compte mettre l’accent sur le développement économique du pays. Dans ce « contexte particulier », Emmanuel Macron, lors d’un grand discours devant les députés de l’Assemblée du peuple à Tunis, programmé jeudi matin, exprimera « un message fort » de « soutien à la transition démocratique » de la Tunisie, seul pays rescapé du Printemps arabe de 2011, indique l’Élysée.

M. Macron participera notamment à la première édition du Forum économique franco-tunisien, qui réunira une centaine de dirigeants d’entreprises françaises, dont Xavier Niel (Iliad) et Stéphane Richard (Orange). Il y encouragera en particulier les entreprises françaises à investir davantage en Tunisie.

Il est également à noter que le premier Forum Tunisie-France, sur le thème « Réussir ensemble aujourd’hui et demain », se tiendra aujourd’hui, au Palais des congrès de Tunis, en présence de plus de mille participants.

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