Coronavirus : deux morts confirmés à Aden, dans le sud du Yémen

« Si le coronavirus se propage au Yémen, nous craignons que tout le pays s’effondre comme un château de cartes », alerte Care.

Pas moins de 16 groupes armés ont répondu positivement à l’appel du secrétaire générale des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, pour un cessez-le-feu global, tout autour de la planète, pour enrayer la crise du coronavirus. Lors d’une conférence de presse, il a déclaré que son appel du 23 mars dernier avait « résonné grandement », et enregistré l’approbation de quelque 114 gouvernements, d’organisations régionales et de divers leaders religieux, ainsi que de plus de 200 associations civiles.

« Opportunité pour la paix »

Selon des sources variées, fait savoir l’agence Associated Press (AP), parmi les 16 groupes ayant donné leur aval au cessez-le-feu global, certains se trouvent en Libye, au Yémen et en Syrie. D’après M. Guterres, ses représentants et envoyés spéciaux sont à la tâche, en ce moment, pour tenter de « transformer des intentions exprimées en cessez-le-feu effectif ». Le secrétaire général a également souligné que tous les efforts de l’ONU « dépendaient d’un fort soutien politique », tout en pointant du doigt les divisions au sein de Conseil de sécurité comme un obstacle.

Le patron de l’ONU a ensuite estimé qu’il y avait « une réelle opportunité pour la paix » au Yémen. Où, pour rappel, une coalition de pays arabes emmenés par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis lutte depuis mars 2015 contre les rebelles Houthis (chiites, soutenus par l’Iran), au nom du gouvernement yéménite en exil et de son président, Abd Rabbo Mansour Hadi. Et où des séparatistes soutenus par les Emiratis ont proclamé il y a quelques jours l’autonomie du sud, rompant un accord de paix avec le gouvernement et risquant d’entraîner le pays dans un affrontement plus ou moins direct entre Riyad et Abou Dhabi.

Avec plusieurs dizaines de milliers de morts, dont un grand nombre d’enfants, et près de 20 millions de personnes dépendant de l’aide humanitaire, la situation au Yémen – décrite comme « la pire crise humanitaire du monde » par l’ONU – a plutôt de quoi inquiéter. Malgré tout, l’ONU a fait savoir que parmi les groupes armés ayant répondu favorablement à l’appel au cessez-le-feu du secrétaire général, figuraient les rebelles Houthis et le Conseil de transition du Sud.

« Château de cartes »

Sur le coronavirus et la nécessité de faire taire les armes pour y faire face, des diplomates ont expliqué que l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité appuyant l’appel de M. Guterres était actuellement empêchée par un différend entre Washington et Pékin au sujet de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Si jamais le texte, présenté conjointement par la Tunisie et la France, était adopté, il s’agirait de la première résolution du Conseil liée à la pandémie de coronavirus, précise AP. Mais on en est encore loin.

Côté chinois, on insiste pour que soit fait mention de l’OMS et de son rôle au sein de la « guerre » contre le coronavirus. Ce que refusent les Américains, qui ont suspendu leur financement octroyé à l’organisation au début du mois d’avril, l’accusant d’avoir échoué à stopper le virus et souhaitant la tenir pour responsable de la situation actuelle. A la place, Washington insiste pour que le texte mentionne la « transparence » de l’information sur le virus, selon des diplomates qui ont requis l’anonymat.

Sujet éminemment polémique et (géo)politique, le rôle de l’OMS dans la pandémie de coronavirus continuera sans doute à faire couler beaucoup d’encre. Empêchant ainsi la moindre résolution d’être adoptée. Pendant ce temps, au Yémen, le ministère de la Santé a confirmé que le coronavirus avait causé la mort de deux personnes dans la ville d’Aden (sud). « Si le coronavirus se propage au Yémen, nous craignons que tout le pays, déjà très fragile, s’effondre comme un château de cartes », alertait il y a quelques jours l’ONG Care, qui intervient au Yémen.

 

Crédits photo : Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, le 28 avril 2020. Michael Kappeler/Pool via AP

Partages