Malgré la chimère djiboutienne, DP World garde le cap

L’opérateur portuaire émirati a mis la main sur l’armateur dubaïote, Topaz Energy and Marine, pour 1,1 milliard de dollars.

Très actif dans la Corne de l’Afrique, Dubaï Port World ne manque pas parallèlement d’ouvrir “ses chakras” en affinant sa présence sur les marchés d’Afrique du Nord, de l’Ouest, en mer Caspienne ou encore au Moyen-Orient. Et cela, via l’acquisition de Topaz Energy and Marine et sa flotte de 117 navires.

« Ce rachat nous ouvre les portes de nouveaux marchés et nous permettra notamment d’augmenter nos volumes transitant entre l’Azerbaïdjan et le corridor Est-Ouest » surligne ainsi son président, le Sultan Ahmed ben Sulayem.

Dans les faits, l’armateur projette de fusionner Topaz avec P&O Maritime, une de ses filiales, au sein d’une entité unique. Une opération appelée à se concrétiser d’ici la fin de l’année, confirme Jeune Afrique. De quoi permettre à DPW de reprendre des couleurs alors que son litige avec Djibouti sur la volcanique problématique du port de Doraleh n’a toujours pas trouvé son épilogue.

Le bras de fer portuaire de Doraleh

Exproprié il y a presque deux ans du port de Doraleh par Djibouti – où il jouissait pourtant depuis 2006 d’un contrat de concession du terminal à conteneurs d’une durée de trente ans – le groupe émirati a en effet vu son recours international porter ses fruits en avril dernier. Ce dernier a ainsi obtenu 385 millions de dollars d’indemnisation plus les intérêts pour la rupture unilatérale du contrat d’exploitation par la partie djiboutienne.

Concrètement, DP World avait déjà remporté une première victoire en juillet 2018 devant la Cour d’arbitrage international de Londres. Les juges avaient alors confirmé que le contrat de concession du terminal à conteneurs qui le liait à l’enceinte portuaire était « juridiquement valide et en vigueur ». Ce que Djibouti contestait sans ménagement.

C’est donc en toute logique que cette décision en provenance de la Perfide Albion allait redistribuer les cartes dans cet épineux dossier. Car dans les faits, le terminal dans lequel DP World a investi 400 millions de dollars – était exploité conjointement par l’Autorité portuaire djiboutienne (66%) et par l’opérateur de Dubaï (33%).

DPW annonçait d’ailleurs en 2016 avoir traité plus de 900 000 conteneurs. Une véritable mine d’or en somme… Qu’il ne compte pas lâcher si facilement. Sachant que le petit pays de la Corne de l’Afrique bénéficie d’une confortable position à l’entrée de la mer Rouge en faisant face au détroit de Bab-el-Mandeb, quatrième passage maritime mondial pour l’approvisionnement énergétique.

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