Une médecin koweïtienne condamnée à de la prison ferme pour avoir maltraité une employée malgache

Ce type de condamnation reste rare au sein de l’Etat pétrolier, où les employés de maison étrangers sont souvent maltraités.

Quatre ans d’emprisonnement, 2500 dollars d’amende, et 16 500 dollars de dommages et intérêts versés à une employée de maison. Tel est le verdict rendu très récemment par la justice koweïtienne à l’encontre d’une femme médecin accusée de maltraitance envers une jeune malgache qu’elle employait depuis 2013.

Selon France TV Info, qui relaie l’information, la victime a subi durant ce laps de temps des sévices aussi terribles que réguliers de la part de son bourreau. Et cela, jusqu’à en perdre l’usage de l’œil gauche. Le moment pour la malheureuse de franchir le pas et de déposer une première plainte auprès des autorités locales.

Pour autant, si l’enquête de police confirme les faits, la juridiction de première instance relaxe cette médecin “pas comme les autres”. Néanmoins, l’employée ne s’est pas avouée vaincue et a finalement obtenu gain de cause auprès de la cour d’appel.

Cette décision pose toutefois question. Le Koweït cherche-t-il à redorer son blason à l’échelle internationale ? Lui qui est connu, comme d’autres Etats du golfe Persique, pour tolérer les violences faîtes par ses citoyens envers les domestiques étrangers. Les récentes frictions rencontrées par le gouvernement local avec Manille peuvent en tout cas corroborer cette hypothèse.

La jurisprudence philippine 

Et pour cause,  alors que les autorités philippines avaient interdit temporairement à ses ressortissants de travailler au Koweït au mois de mai 2018. Et cela, en raison des multiples cas de mauvais traitements subis par les migrants philippins venus tenter leur chance sur le territoire, les deux Etats avaient finalement trouvé “une porte de sortie” acceptable.

Concrètement, le Koweït leur avaient octroyé de nouveaux droits sociaux afin de clore le blocus. Ainsi, les principaux intéressés peuvent désormais garder leur téléphone portable, bénéficier d’un jour de repos supplémentaire et faire appel si besoin à l’aide de Manille.

Toutefois, il est important de noter que ce geste ne permet toujours pas aux malheureux de conserver leur passeport à leur arrivée sur le tarmac. Une subtilité qui pèse malgré tout très lourdement dans la balance.

Des faits divers trop fréquents

Pour rappel, c’est un fait divers particulièrement sordide qui avait mis le feu au poudre dans cette affaire. Le corps d’une domestique philippine avait en effet été découvert dans un congélateur au Koweït.

L’enquête indiqua que la victime avait subi des signes manifestes de torture de la part de ses employeurs – un Libanais et son épouse syrienne – arrêtés depuis à Damas suite à un mandat d’arrêt diffusé par Interpol. La polémique de trop en somme pour Manille.

Selon les données publiées par le ministère philippin des Affaires étrangères, et relayées par Libération, environ 262 000 Philippins travaillent actuellement au Koweït, dont près de 60% comme employés de maison.

Partages