Liban : les manifestations se multiplient contre les mariages précoces

Les Libanais réclament avec virulence l’adoption d’un texte prohibant les unions avant l’âge de 18 ans.

Des centaines de manifestants ont arpenté les rues de Beyrouth samedi pour s’insurger contre le laxisme étatique en matière de mariage des mineur(e)s.

Selon Le Figaro, qui relaie l’information, « de nombreuses femmes, mais aussi quelques députés et artistes, ont (en effet) marché jusqu’au Parlement lors de ce rassemblement organisé par des associations de la société civile ».

Mais ce n’est tout, « des fillettes, vêtues de robes de mariée et coiffées d’un voile de tulle blanc, ont (également) pris part au cortège en brandissant des pancartes (particulièrement équivoques) : “La fin du mariage des enfants commence par leur éducation”. “Ils ont marié des fillettes, ils les ont conduites vers la mort”. Ou encore “législateurs du Parlement, une fille a le droit à la sécurité ».

Vide juridique 

Concrètement, le Liban souffre d’un vide juridique inquiétant en ce qui concerne les mariages, divorces, naissances et autres héritages. La réalité se rapprochant plus d’un droit coutumier. Et pour cause, les 18 communautés religieuses nationales régissent toujours le statut personnel au pays du Cèdre.

Ainsi, l’âge légal du mariage est de 18 ans pour les garçons et de 14 ou 17 ans pour les filles au sein des différentes communautés musulmanes. Ce chiffre varie quant à lui de 16 à 18 ans pour les garçons, et de 14 à 18 ans pour les filles dans le giron chrétien.

Dans les pas du législateur jordanien ?

Pour information, la Jordanie a supplanté le Liban dans ce dossier au mois de décembre dernier en interdisant le mariage des mineures. Une aubaine sociétale puisqu’une récente étude de l’Institut de solidarité des femmes en Jordanie a recensé 29 mariages de mineures quotidiennement en 2017.

Pire, 52 000 filles de moins de 18 ans sont passées par la case mariage au cours des cinq dernières années. Sachant que parallèlement 15 divorces de mineures par jour sont intervenus.

Il est vrai que nombre de ces unions ont servi les intérêts pratiques de migrants syriens cherchant asile sur le territoire. Et cela, en échange du paiement d’une dot importante en faveur de familles jordaniennes.

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