Koweït : une blogueuse s’insurge contre l’amélioration des droits des domestiques philippins expatriés

Sondos al-Qattan, très présente sur la Toile, dénonce l’accord trouvé entre Manille et Koweït améliorant le sort de ces malheureux.

Alors que le président Duterte avait interdit temporairement à ses ressortissants de travailler au Koweït – en raison des multiples cas de mauvais traitements subis par les migrants philippins venus tenter leur chance dans l’Etat pétrolier – un accord a finalement soldé ce froid diplomatique début mai.

Les autorités koweïtiennes ont en effet accepté de leur octroyer de nouveaux droits sociaux. Désormais, les principaux intéressés (262 000 au total) peuvent donc garder leur téléphone portable, bénéficier d’un jour de repos supplémentaire. Mais aussi faire appel si besoin à l’aide des autorités philippines.

Pour autant, ce nouveau dispositif ne fait pas que des heureux, c’est un euphémisme. La blogueuse – Sondos al-Qattan, très en verve sur les réseaux sociaux pour ses tutoriels de maquillage – s’est en effet attirée les foudres d’une grande partie de ses « followers ». Et cela, en critiquant vertement cette novation sociale par l’intermédiaire d’une vidéo publiée sur Instagram, relaie Le Parisien.

Un discours moyenâgeux

« Tout ce que j’ai dit, c’est que l’employeur était en droit de garder le passeport de l’employé. De nombreux Koweïtiens et ressortissants du Golfe sont (d’ailleurs) d’accord avec moi. Je n’ai pas fauté, je suis convaincue de ma position et je n’ai fait de mal à personne », a-t-elle martelé dans un premier temps.

Avant de poursuivre son réquisitoire : « J’ai le droit en tant que kafil (sponsor) de garder le passeport de mon employé. J’en suis (donc) responsable après avoir payé une caution qui peut atteindre les 1500 dinars (environ 4200 euros). »

Et de conclure, avec une assurance déconcertante : « Ces pratiques ne portent (bien sûr) pas atteinte à la dignité du domestique et n’ont rien à voir avec l’humanisme ni les droits de l’Homme, du moment qu’il n’y a ni violence, ni retenue de salaire sur l’employé. »

Pour information, cette sortie médiatique n’est pas restée sans conséquence puisque de nombreuses marques de maquillage qui accompagnaient la blogueuse dans son activité ont décidé, depuis, de lui tourner le dos.

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