Yémen : le conflit s’intensifie dans le sud du pays

Le cessez-le-feu conclu sous l’égide de l’ONU, en 2018, vacille de plus en plus au Yémen, autour d’Hodeïda notamment.

Les forces du gouvernement internationalement reconnu du Yémen ont repris de larges pans de territoire, dans une province du sud, aux rebelles Houthis soutenus par l’Iran, ont déclaré mercredi des responsables gouvernementaux.

Cette avancée, dans la province méridionale de Shabwa, intervient dans un contexte de lourdes frappes aériennes menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre les combattants chiites, ailleurs au Yémen, notamment dans la capitale, Sanaa. Les rebelles ont également intensifié leurs attaques transfrontalières, utilisant des missiles balistiques et des drones chargés d’explosifs pour cibler l’Arabie saoudite.

Un porte-parole militaire yéménite, Mohammed al-Naqib, a déclaré que l’avancée des troupes à Shabwa vise à couper les lignes d’approvisionnement des Houthis qui attaquent depuis le début de l’année dernière la ville clé de Marib, dernier bastion gouvernemental dans le nord du Yémen.

La guerre civile au Yémen a commencé en 2014, lorsque les Houthis ont pris Sanaa et une grande partie du nord du pays, obligeant le gouvernement à fuir vers le sud, puis vers l’Arabie saoudite. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, soutenue à l’époque par les États-Unis, est entrée en guerre quelques mois plus tard pour tenter de rétablir le gouvernement au pouvoir.

Le conflit est depuis devenu une guerre régionale par procuration qui a tué des dizaines de milliers de civils et de combattants. La guerre a également créé la pire crise humanitaire au monde, selon les Nations unies (ONU), laissant des millions de personnes souffrir de pénuries de nourriture et de soins médicaux et poussant le pays au bord de la famine.

Navire subtilisé

Les troupes gouvernementales ont envahi Shabwa au début du mois, reprenant aux Houthis la majeure partie du district d’Usailan. Mohammed al-Naqib a déclaré qu’elles avaient également avancé dans le district voisin de Bayhan, reprenant plusieurs villages.

Chez les rebelles houthistes, on avance volontiers que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, dont font partie les Émirats arabes unis (EAU), avait lancé des dizaines de frappes aériennes contre eux, à Usailan et Bayhan.

Les combats se sont également intensifiés depuis novembre autour de la ville portuaire (et extrêmement stratégique) de Hodeïda, ce qui constitue un revers important pour le cessez-le-feu conclu en 2018 sous l’égide de l’ONU, qui avait mis fin aux combats autour des installations maritimes.

Mardi, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a appelé les Houthis à libérer le navire émirati Rwabee, subtilisé en mer Rouge il y a quelques jours, avertissant qu’elle attaquerait les ports utilisés par les rebelles pour s’emparer du navire. Un geste qui compromettrait davantage le cessez-le-feu à Hodeïda.

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