Libye : l’émissaire spécial de l’ONU appelle le Conseil de sécurité à mettre définitivement fin au conflit

Ghassan Salamé attend des mesures concrètes de la part du Conseil de sécurité dans un dossier libyen toujours au point mort.

Alors que la France milite depuis des mois pour l’organisation d’élections anticipées en Libye (législatives et présidentielle), force est de constater que la situation politique de l’Etat de l’ex-dictateur Khadafi reste un désastre insoluble dans l’immédiat.

La pays souffre en effet de luttes intestines intensives. Avec d’un côté, le gouvernement d’union nationale (reconnu par les Nations unies) mené depuis Tripoli par le Premier ministre, Fayez al-Sarraj, et de l’autre, l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Haftar, “détenteur” des champs pétroliers nationaux et qui se montre également très “gourmand” territorialement. L’intéressé étant déterminé à reprendre la main sur la capitale, via des frappes aussi violentes que régulières.

Ghassan Salamé s’impatiente

Face à ce marasme, l’émissaire spécial de l’ONU sur le territoire est monté au créneau mercredi pour obtenir des résultats concrets dans cette problématique aussi épineuse que complexe. Et cela, en raison des habituels intérêts divergents émergeant de l’échiquier mondial dans ce genre de dossier. A ce titre, Khalifa Haftar bénéficie d’appuis à différents niveaux de la part de l’Egypte, des Emirats arabes unis, des Etats-Unis, de la Russie ou encore de la France, souligne Le Monde. Alors que Fayez al-Sarraj est soutenu, entre autres, par le Qatar et la Turquie.

« De nombreux Libyens se sentent abandonnés par une partie de la communauté internationale et exploités par d’autres », a ainsi fustigé Ghassan Salamé, lors d’une liaison vidéo avec le Conseil de sécurité.

Avant de poursuivre : « Sans un soutien sans équivoque de ce Conseil et de la communauté internationale dans son ensemble, deux scénarios très désagréables (sont à craindre). D’une part, la poursuite d’un conflit persistant et de faible intensité, d’autre part une intensification des soutiens militaires à l’une ou l’autre partie qui plongerait l’ensemble de la région dans le chaos . Or l’idée de donner une chance à la guerre, et qu’une solution militaire est possible, représente une chimère. »

Des civils pris dans l’étau

Pour information, les combats aux abords de Tripoli ont fait plus de 1000 morts et près de 6000 blessés depuis le 4 avril. Mais ont aussi engendré plus de 120 000 déplacés, déplore l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Face à ce terrible bilan, le Bureau onusien des affaires humanitaires (OCHA) confirme malheureusement que « beaucoup de civils pris au piège dans les zones de conflit font face à un dilemme : rester chez eux ou partir en raison de l’incertitude des affrontements. Un (choix de Sophie) aggravé par le fait que l’approvisionnement en nourriture et autres produits de première nécessité est en train de s’effondrer dans certains quartiers ».

A suivre donc…

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