Donald Trump prêt à frapper l’Iran et l’Irak de sanctions économiques

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06.01.2020

Donald Trump a réitéré, ce week-end, ses menaces à l’égard de Téhéran et de Bagdad, qu’il se dit prêt à frapper au portefeuille.

Le président Donald Trump insiste bien sur ce point : les « 52 sites culturels iraniens », qu’il a assuré vouloir viser si l’Iran ne mettait pas fin à ses menaces, ne sont qu’une « partie de plaisir ». Les préoccupations de son propre gouvernement sur la constitution de quelque crime de guerre, en vertu du droit international ? Balayées d’un revers de main. Téhéran, mais également le régime irakien, qui vit sous la férule de la République islamique depuis de nombreuses années, sont prévenus : le chef de l’Etat américain n’hésitera pas à imposer des sanctions punitives si « ses » soldats devaient être chassés d’Irak, comme l’a décidé le parlement irakien dimanche 5 janvier.

Un peu plus tôt, le régime iranien avait assuré au « grand satan » américain qu’il ne laisserait pas l’assassinat de son général Ghassem Soleimani impuni. Vendredi 3 janvier, à quelques encablures de Bagdad, le convoi de ce membre éminent des gardiens de la révolution, « architecte » de la stratégie moyen-orientale de l’Iran, a été visé par un drone américain. Un acte de guerre, pour Téhéran, qui crie depuis à la vengeance et a même annoncé qu’elle accélérerait le processus d’enrichissement de son uranium, jusque là interdit par les termes de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 – mais dont les Etats-Unis sont sortis en mai 2018.

« Sanctions économiques »

Tandis que l’assassinat de Ghassem Soleimani fait craindre une guerre ouverte entre les Etats-Unis et l’Iran, certains démocrates américains ont tiqué sur la légitimité de l’opération qui a conduit à la mort du général iranien. Dans une lettre adressée à Donald Trump, lundi, le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer (New York), et le membre de la commission sénatoriale des relations étrangères, Robert Menendez (New Jersey), ont ainsi demandé au locataire de la Maison-Blanche de bien vouloir déclassifier l’information concernant la frappe qui a tué Ghassem Soleimani, estimant qu’il n’y avait « aucune justification légitime » à la cacher.

« Il est essentiel que les questions de sécurité nationale d’une telle importance soient partagées avec le peuple américain en temps opportun, ont-ils écrit. Une notification entièrement classifiée n’est tout simplement pas appropriée dans une société démocratique. »

Selon l’agence de presse américaine Assiocated Press (AP), la décision de M. Trump de frapper une cible en Irak sans préavis aux législateurs – en leur envoyant après coup la notification – a jeté quelque malaise, voire « inquiétude » dans les rangs du Congrès américain. La présidente de la chambre des représentants, Nancy Pelosi (démocrate, Californie), a déclaré au cours du week-end que la classification de cette notification était « très inhabituelle », et qu’elle soulevait « plus de questions qu’elle [n’apportait] de réponses »« Ce document suscite des questions sérieuses et urgentes sur le moment, la manière et la justification de l’administration d’engager des hostilités contre l’Iran », a-t-elle notamment fait savoir.

Dimanche, après avoir évoqué la possibilité de cibler des sites culturels iraniens la veille sur Twitter, Donald Trump a réitéré, au cours d’un entretien avec des journalistes, alors qu’il rentrait à Washington après des vacances en Floride. Il a notamment déclaré que les Etats-Unis ne partiraient pas d’Irak sans avoir été « payé » pour leurs investissements militaires dans le pays. Le parlement irakien a voté le renvoi des troupes américaines ? Washington se tient prête à frapper Bagdad de sanctions économiques, a-t-il précisé. Tout comme l’Iran. « Nous leur imposerons des sanctions économiques comme jamais auparavant […] s’ils font quelque chose que nous jugeons inapproprié », a affirmé le président américain.

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