En Algérie, mineures à vie… et à mort

Plus d’une quarantaine de féminicides ont été enregistrés en Algérie depuis le début de l’année.

Problèmes économiques et sociaux, conjoncture difficile ou dépendance à la drogue : plusieurs facteurs peuvent justifier le caractère incrémental des violences domestiques et des féminicides en Algérie. Le dernier remonte au 9 mars dernier, après qu’une femme de 44 ans et sa petite fille de 5 ans ont été les victimes d’un meurtre des plus barbares.

Les faits se sont déroulé pendant le soirée de 9 au 10 mars. Rahima (44 ans) et sa fille Manel (5 ans) ont été sauvagement assassinées par l’oncle de cette dernière – et frère de sa maman. Un double meurtre qui a allongé la liste des victimes de féminicides en Algérie, considérées, pour rappel, par le code de la famille comme « mineures à vie ».

Outre la législation, les manques de revenus et les normes sociales font que les femmes choisissent de ne pas déposer plainte et donc de se taire à la suite de violences conjugales ou familiales, de peur de devoir divorcer. Et donc d’élever seules leurs enfants. C’est pourquoi les femmes algériennes se battent contre cette situation depuis plusieurs années.

Elles dénoncent, quand elles le peuvent, ce statut de « mineures à vie ». Le Hirak a d’ailleurs été, et se trouve être encore, l’occasion rêvée pour elles de le faire. Depuis la mise en place du premier carré féministe début mars 2019, plusieurs initiatives ont été mises en place. Les manifestations populaires ayant fourni un nouveau souffle pour le féminisme algérien.

 

Crédits photo : des étudiantes algériennes manifestent à Alger contre le dialogue réclamé par le président par intérim pour mettre fin à la crise, le 11 juin 2019 (AFP/RYAD KRAMDI).

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