Soudan du Sud : nouveau couac dans la formation d’un gouvernement d’unité nationale

Le chef des rebelles, R. Machar, considère que les conditions inhérentes à l’accord de paix signé en 2018 ne sont toujours pas réunies.

Reportée une première fois en mai dernier, la formation d’un gouvernement d’unité nationale au Soudan du Sud ne trouvera pas d’épilogue le 12 novembre prochain. Et cela, alors que le président, Salva Kiir, et le chef de l’opposition s’étaient pourtant mis d’accord sur cette deadline afin de convenir d’un partage du pouvoir étatique.

Le SPLM-IO, le groupe de Riek Machar, a en effet confirmé l’information mercredi 09 octobre via un communiqué relayé par RFI :

« Il y a des points essentiels que nous devons d’abord régler, si nous voulons pouvoir stabiliser le pays et avoir un gouvernement qui sert le peuple. Comme par exemple des questions de sécurité, le nombre de province, leur frontière, et une modification de la Constitution. Il y a eu beaucoup de retard, et c’est pour cela que la date butoir avait été reportée de 6 mois. Il y a plusieurs raisons à ce retard, mais c’est principalement dû au manque de volonté politique du gouvernement et au manque d’argent pour financer ces changements. L’Etat avait (en effet) promis de débloquer de l’argent, il ne l’a pas fait. Cela montre son manque de sérieux, et le fait qu’il veut maintenir le statu quo actuel. Cet accord est (donc) loin d’être parfait. Dans toute négociation il faut faire des concessions, mais nous avons tous signé cet accord. Et nous devons mettre de côté nos différences politiques pour le bien de notre pays. »

De nombreuses zones d’ombre subsistent

En conséquence, les Sud-Soudanais devront encore patienter avant de goûter, éventuellement, à une période d’accalmie politique bien méritée. Ce dossier – en gestation depuis l’automne dernier et l’enterrement de la hache de guerre entre les deux protagonistes de l’échiquier politique local – n’offre malheureusement pas les garanties sécuritaires suffisantes pour permettre à R. Machar d’envisager un retour à Juba. Et cela en tant que vice-président, un poste qu’il a déjà occupé par le passé.

Par ailleurs, le chef des rebelles considère également que d’autres points culminants liés aux tractations n’ont pas encore fait l’objet d’un accord définitif. C’est ainsi le cas de l’unification des factions rivales en une seule armée, du tracé des frontières tribales, et du contrôle des violences dans la capitale qui permettrait le retour des déplacés dans leurs maisons.

Comme le rappelle France 24, les velléités de leadership opposant Kiir et Machar ont débouché en décembre 2013 sur une terrible guerre civile qui a fait plus de 380 000 morts sur le territoire. Mais aussi poussé plus de 4 millions de civils, soit près d’un tiers de la population, à quitter leur foyer.

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