« L’Égypte est un partenaire stratégique important pour Israël »

L’État hébreu cherche le soutien du Caire dans deux dossiers notamment : la bande de Gaza et le nucléaire iranien.

Le ministre israélien des Affaires étrangères est arrivé au Caire jeudi pour une visite diplomatique visant à renforcer les liens et à consolider le cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas, le parti islamiste de Gaza. Yair Lapid a rencontré le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, et le ministre des Affaires étrangères du pays, Sameh Shokry, pour des entretiens qui reflètent les liens naissants entre l’Égypte et le nouveau gouvernement israélien. Le chef des services de renseignement égyptiens a également participé aux réunions.

L’Égypte, premier pays arabe à avoir conclu un accord de paix avec Israël, a joué un rôle clé de médiateur entre Israël et le Hamas. Les ennemis jurés se sont livrés quatre guerres depuis que le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007, dont la plus récente, un conflit de 11 jours en mai, et l’Égypte s’efforce discrètement d’organiser une trêve à long terme.

Le Hamas exige l’allègement du blocus israélo-égyptien, tandis qu’Israël cherche à obtenir la libération de deux prisonniers israéliens et la dépouille de deux soldats tués détenus par le Hamas. Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que M. Lapid a présenté un plan de développement de l’économie de Gaza, en échange du calme dans le petit territoire palestinien, et éventuellement du désarmement du Hamas. Il a bien précisé que ce plan devait aborder « la question des captifs et des personnes disparues ».

M. Lapid a également évoqué les efforts déployés par Israël pour renforcer l’Autorité palestinienne rivale, dont les forces ont été renversées par le Hamas en 2007. Le président palestinien Mahmoud Abbas ne gouverne que des zones autonomes limitées en Cisjordanie occupée par Israël. Le chef de la diplomatie israélien a fait part, ensuite, des préoccupations de son pays concernant le programme nucléaire iranien, et a exprimé, sur ce point, le souhait de son pays de renforcer la coopération avec Le Caire dans les domaines civils de l’économie, de l’énergie, de l’agriculture et du commerce.

« L’Égypte est un partenaire stratégique particulièrement important pour Israël, a déclaré Lapid. Mon objectif est de renforcer nos relations sécuritaires, diplomatiques et économiques avec l’Égypte. Il est important de continuer à travailler sur la paix entre nos deux nations. »

À son arrivée, M. Lapid a été accueilli par Abdel Fattah al-Sissi, qui a souligné l’engagement de son pays en faveur d’une solution à deux États et d’une paix « globale et juste » au Moyen-Orient, selon un communiqué publié par le bureau du président égyptien. Les Palestiniens, pour rappel, cherchent à obtenir un État indépendant en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza – des zones prises par Israël lors de la guerre du Proche-Orient de 1967. L’Égypte, comme la plupart de la communauté internationale, a toujours soutenu le droit des Palestiniens à un État indépendant.

Le nouveau Premier ministre israélien, Naftali Bennett, s’oppose à l’indépendance palestinienne et a exclu les pourparlers de paix, bien qu’il soit favorable à des mesures visant à réduire les tensions et à stimuler l’économie palestinienne.

 

 

Crédits photo : Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, à gauche, rencontre le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, au Palais Tahrir du Caire, en Égypte, jeudi 9 décembre 2021 (AP Photo/Nariman El-Mofty).

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