Boycott massif de la présidentielle algérienne à l’étranger

A deux jours de la date officielle des élections présidentielles algérienne, les Algériens continuent à bouder ce rendez-vous.

La campagne électorale a pris fin dimanche 8 décembre au soir. Les électeurs doivent choisir jeudi 12 décembre qui remplacera le président déchu Abdelaziz Bouteflika, alors que de très nombreux électeurs ont appelé au boycott du scrutin.

Les Algériens à l’étranger boudent les élections

Même son de cloche pour les Algériens vivant à l’étranger. A Nanterre dans les hauts de Seine, des dizaines d’Algériens se sont rassemblés devant le siège du consulat d’Algérie pour dire non au vote : drapeaux berbères, pancartes et emblèmes nationaux, ils appellent leurs compatriotes à boycotter ce vote «  tant que la mafia est au pouvoir » a-t-on pu lire sur l’une des pancartes brandies.

L’un des manifestants nous a confié : « Nous ne laisserons pas la mafia voler nos voix, nous arrêterons ce processus comme nous avons imposé la volonté du peuple un certain 22 février » Samir, 39 ans. Et d’ajouter : «Le hirak ne sarrêtera pas, notre combat ne sarrêtera pas. Nous demandons la libération des détenus dopinion avant tout.»

A Paris, le consulat général est sous pression depuis samedi dernier, premier jour de vote de la communauté algérienne en France. Un important dispositif de sécurité a été déployé devant l’édifice situé au passage du Trône, tout près de la place de la Nation

En effet, dès l’ouverture des bureaux de vote au niveau des différentes représentations diplomatiques algériennes, des rassemblements anti-élections ont été organisés par la diaspora algérienne devant les consultats où il est prévu le vote, notamment, en France, à Londres au Royaume Uni, Lausanne en Suisse, Berlin en Allemagne.

Les slogans hostiles aux élections ont été scandés et brandis par les manifestants. « Makach intikhabat maa El issaba » (Pas d’élections avec les gangs), ont crié les manifestants.

Au canada, une opération «zéro vote» a été lancée samedi dernier à Montréal, au premier jour du vote anticipé pour la diaspora. Et dimanche, près de 2000 Algériens du Canada ont marché dans les rues de Montréal avant de se rassembler devant le consulat d’Algérie où se déroule l’opération de vote pour l’élection présidentielle. La présence policière devant le consulat a été renforcée comparativement aux autres jours de manifestation. Les services d’une compagnie privée de sécurité ont été requis pour assurer le contrôle à l’entrée.

« Nouvelle phase aux horizons prometteurs »

La mobilisation des Algériens ne semblent pourtant pas gêner le processus : les 5 candidats en lice fait campagne et ont participé à un débat télévisé retransmis en direct lundi dernier.

De son côté, le général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah a déclaré lundi 9 décembre que « les élections présidentielles du 12 décembre  traceront les repères de l’Etat algérien nouveau auquel ont tant aspiré les générations de l’Indépendance ».

« Dans ce sillage, je tiens à souligner que ces élections constituent une phase d’une extrême importance dans le parcours de l’édification de l’Etat de droit et pour amener notre pays vers une nouvelle phase aux horizons prometteurs, où le peuple algérien jouira des richesses de son pays et réalisera ses ambitions légitimes pour une vie digne », a ajouté le chef d’état-major de l’ANP.

Après avoir obtenu en avril, la démission d’Abdelaziz Bouteflika, président pendant 20 ans, le mouvement populaire de contestation qui agite l’Algérie depuis le 22 février réclame purement et simplement le démantèlement du “système politique”, au pouvoir depuis l’indépendance en 1962.

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