Selon Trump, la chute de l’Etat islamique en Syrie doit intervenir cette semaine

Les Forces démocratiques syriennes, chapeautées par Washington, ont lancé l’assaut « final » samedi dernier dans l’est du pays.

Moins d’1 %. C’est, selon la coalition internationale, la part du « califat » – autoproclamé en 2014 – que l’organisation Etat islamique (EI), qui ne compte plus que 500 ou 600 membres, contrôle encore aujourd’hui. Mais vraisemblablement plus pour longtemps. Une force arabo-kurde, chapeautée par les Etats-Unis, vient de lancer un (ultime ?) assaut, samedi dernier, contre cette poche de résistance, à la frontière avec l’Irak. Où plusieurs centaines de familles de djihadistes ont établi domicile.

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Après 5 mois de combats contre Daech (acronyme arabe de l’EI), Washington espère que cette offensive « finale » leur permettra de quitter la Syrie avec le sentiment du devoir accompli. A savoir : en préservant les intérêts de ses alliés. Début janvier dernier, le conseiller pour la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, avait certifié que le retrait américain du pays – annoncé en décembre dernier par Donald Trump – se ferait de telle sorte que la défense d’Israël et « d’autres amis » – dont les Kurdes – soit « absolument assurée ».

« Petites poches »

Jérusalem voit effectivement d’un très mauvais œil la présence de l’armée iranienne – qui épaule, avec la Russie, celle de Bachar al-Assad – en Syrie. Et craignent qu’un départ précipité des Etats-Unis ne laisse le champ libre à Téhéran pour s’installer durablement aux frontières de l’Etat hébreu. Quant aux Kurdes, qui ont joué un rôle clé dans la lutte et l’endiguement des djihadistes ces dernières années, ils redoutent que la Turquie, farouchement opposée à l’établissement d’un Kurdistan autonome à sa frontière, ne profite du retrait américain pour commettre des exactions contre leurs populations.

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A de nombreuses reprises annoncée, la victoire sur l’EI semble, cette fois-ci, d’actualité, si l’on en croit les propos du président américain. Mercredi dernier, Donald Trump a déclaré : « L’annonce formelle que nous avons repris 100 % du califat devrait intervenir la semaine prochaine », les djihadistes n’ayant plus que des « petites poches ». Ce qui leur permet tout de même de mener des attentats meurtriers – dont des attaques suicides -, en Syrie comme à l’étranger. Samedi dernier, les Forces démocratiques syriennes (FDS), qui évoluent dans l’est syrien depuis quelques jours, ont indiqué que les djihadistes utilisaient par exemple des civils comme boucliers humains…

Révolution syrienne

Hier, lors du deuxième jour de l’assaut « final » contre Daech, les troupes arabo-kurdes des FDS ont toutefois annoncé avoir progressé. « Il y a de violents combats. Nous avons donné l’assaut et nos hommes avancent », a effectivement déclaré Mustafa Bali, un porte-parole de l’alliance militaire, qui a fait état d’ « affrontements directs à l’arme légère ». De son côté, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a rapporté des tirs d’artillerie et des raids aériens de la coalition menée par Washington contre les positions djihadistes.

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Si, comme l’espèrent les Américains, la Syrie devrait assister dans les prochains jours à la disparition des combattants de l’EI, ce n’est pas pour autant que le pays sera tiré d’affaires. Plusieurs problématiques demeureront – et nécessiteront des réponses. Comme, par exemple, le retour des djihadistes étrangers, la question kurde, l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien, à plusieurs reprises, contre sa population, les jeux d’influences internationaux qui pourront de nouveau déstabiliser le pays… Et, bien entendu, le devenir de la révolution syrienne, loin d’être éteinte, contrairement à ce que tente de faire entendre Bachar al-Assad.