Somalie : le dispositif américain anti-shebab ne fait pas « dans la dentelle »

Les islamistes ont frappé le 30 septembre dernier une base militaire somalienne où stationnaient des militaires US. Riposte immédiate.

Dans les faits, les shebab ont lancé une attaque à la voiture piégée contre la base de Baledogle, située à 100 km au nord-ouest de la capitale. Un choix stratégique, en soi, puisque cette dernière abrite des conseillers américains (entre 550 et 800) chargés de former les commandos somaliens. Mais aussi une piste de décollage pour des drones militaires de l’oncle Sam, confirme La Croix.

Attaque et contre-attaque 

Si le résultat de l’offensive n’a accouché que d’un seul blessé du côté de l’armée nationale somalienne (SNA), Washington a décidé de ne pas en rester là et de riposter dans les plus brefs délais. Et cela, via une frappe aérienne qui a supprimé un djihadiste présent dans la zone de Qunyo Barrow (Centre-Ouest).

Les Etats-Unis – qui ont rouvert en décembre dernier leur ambassade de Mogadiscio après 30 ans “d’abstinence” sur le territoire – sont d’ailleurs coutumiers du fait avec 54 raids aériens au compteur menés depuis le début de l’année contre les militants, les positions de combat, les infrastructures et l’équipement d’ISIS-Somalie et d’Al-Shabaab.

Les bavures sont légion

Concrètement, ce chiffre découle directement d’une réforme de l’administration Trump qui a classé, en mars et septembre 2017, plusieurs régions somaliennes en “zone d’hostilité active”. Un statut facilitant les procédures autorisant ces frappes.

Pour autant, si les résultats militaires sont au rendez-vous, un autre aspect de ce dossier pourrait venir noircir le bilan de la Maison Blanche. Amnesty International révèle en effet dans un rapport intitulé “La guerre cachée des Etats-unis en Somalie” que les frappes US « ont déjà tué une vingtaine de civils en plus des islamistes shebab visés ». L’ONG explique également que « les attaques semblent violer la loi internationale humanitaire. Certaines pouvant même (entrer dans la catégorie) des crimes de guerre ».

Pour information, le document se fonde sur 150 entretiens avec des témoins, des proches de civils tués et des experts de questions sécuritaires, relaie Le Monde. Qui ajoute que « les informations recueillies (proviennent) d’images satellites, des photos des cratères laissés par les explosions, ainsi que des fragments de munition collectés sur les sites ».

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