Syrie : dans la Ghouta orientale, l’aide humanitaire n’est toujours pas délivrée correctement

Le régime a réalisé ce week-end une percée importante dans la zone rebelle située à l’est de Damas.

Les jours des rebelles syriens retranchés dans la Ghouta orientale sont comptés. Bachar al-Assad, depuis quelques semaines, met en œuvre tous les moyens possibles – aériens et terrestres – pour reprendre cette zone à l’est de Damas, la dernière, quasiment, aux mains des opposants au chef de l’Etat. Samedi dernier, les troupes syriennes ont coupé la plus grande ville de la Ghouta, Douma, du reste de l’enclave. Qui est, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), désormais divisée en trois parties : Douma et sa banlieue au nord, Harasta à l’ouest et le reste au sud. L’armée espère ainsi affaiblir les rebelles, en prenant notamment le contrôle des axes routiers.

« Appel au secours »

Selon un correspondant de l’AFP qui se trouvait à Douma, les bombardements et les frappes aériennes se sont enchainés samedi, l’aviation russe épaulant l’armée de Bachar al-Assad dans son entreprise de reconquête – comme depuis le début des affrontements dans cette région. L’enjeu pour le régime est de taille : il souhaite mettre fin aux tirs épars de roquettes depuis la Ghouta orientale en direction de Damas, qui ont déjà fait plusieurs victimes. De son côté, l’armée syrienne a causé près d’un millier de morts – dont 250 enfants – depuis qu’elle a commencé à pilonner le fief rebelle, début février.

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Un chiffre qui va croître inexorablement pendant les prochains jours ; « l’armée intensifie ses opérations » sur plusieurs fronts, affirmait il y a peu la télévision d’Etat syrienne, laissant présager de nouveaux excès. Et une dégradation de la situation humanitaire, déjà très mal en point. La ville de Douma a d’ailleurs lancé un « appel au secours » adressé aux organisations internationales, soulignant que « de nombreuses personnes dormaient désormais dans les jardins publics et sur les routes, les abris et sous-sol étant débordés ». Un constat global partagé par le représentant en Syrie du Haut-Commissariat des Nations unies (ONU) pour les réfugiés (HCR), Sajjad Malik, entré lundi dernier dans la Ghouta avec un convoi humanitaire.

« Toujours en train d’attendre l’autorisation »

« au bord d’une catastrophe majeure »« je n’ai jamais vu autant de peur sur les visages » a-t-il précisé. Ceci alors qu’il y a quelques semaines, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté une trêve de 30 jours consécutifs en Syrie – et particulièrement dans la Ghouta orientale – afin que les convois humanitaires puissent accéder aux zones de guerre. Jusqu’à présent, ces derniers étaient empêchés d’intervenir, comme le déplorait par exemple l’ONG internationale Care le mois dernier, et ne pouvaient que constater les dégâts matériels et humains. Sauf que le cessez-le-feu tarde à être respecté par les parties.

Le 9 mars dernier, le Bureau de coordination de l’aide humanitaire pour la Syrie (OCHA) indiquait que « l’ONU appelle à la cessation des hostilités dans la zone [de la Ghouta, ndlr] et au calme à travers la Syrie, pour que l’aide puisse être délivrée en toute sûreté aux gens qui en ont besoin. » La semaine dernière, les Nations unies et leurs partenaires ont tout de même pu apporter de la nourriture à quelque 27 500 personnes, ainsi que des kits de santé, toujours selon l’OCHA. Qui est « toujours en train d’attendre l’autorisation pour achever la fourniture d’aide pour les 70 000 personnes ‘‘approuvées’’ par les autorités syriennes. »

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