Au Sahara occidental, le Front Polisario fête ses 45 ans

L’ONU vient de renouveler pour six mois sa mission : parvenir à un accord entre Sahraouis et Marocains, qui se disputent le territoire.

Le Front Polisario vient de souffler ses 45 bougies. Formé le 29 avril 1973 à Zouerate, en Mauritanie, afin de mettre un terme à l’occupation espagnole du Sahara occidental, l’organisation a célébré cette « naissance » il y a deux jours, à Aousserd, un camp de réfugiés sahraoui. Ainsi que le combat qu’il porte, depuis, pour l’indépendance de cette bande de terre située au nord-ouest de l’Afrique et revendiquée par le Maroc. S’il existe un cessez-le-feu entre les deux parties, depuis 1991, des combats larvés ont tout de même lieu régulièrement de part et d’autre de la « frontière ». Et ce malgré les efforts de la communauté internationale pour calmer la situation.

Le 27 avril dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a adopté une nouvelle résolution (2414) portant sur le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), pour une durée limitée à six mois – au lieu d’une année, comme c’était le cas jusqu’à présent. Et il est, selon le texte, impérieux que « les deux parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc, [reprennent] les négociations directes sans préconditions et de bonne foi ». Le Conseil de sécurité, à cette occasion, a également exprimé son soutien à Horst Kohler, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental.

Eaux territoriales du Sahara occidental

Sa mission ? Parvenir à faire s’assoir à la même table des négociations les deux parties. Une tâche tout sauf évidente. En décembre dernier, par exemple, l’armée sahraouie avait effectué des manœuvres militaires, dont le slogan, « Hisser le niveau de préparation au summum », avait pu laisser craindre une escalade. L’armée sahraouie « est prête à faire face […] pour arracher le droit du peuple sahraoui à l’indépendance » et « ne peut être confinée éternellement dans un statut de réfugié », avait averti après l’événement Abdullahi Lehbib, « ministre de la Défense » sahraoui. Demandant à la communauté internationale d’intervenir pour « rendre justice à ce peuple qui vit depuis plus de 42 ans sous l’occupation marocaine. »

A ce jour, le Sahara occidental n’a effectivement toujours pas trouvé de statut juridique définitif. Et ce depuis le départ des colons espagnols en 1976, et malgré les tentatives incessantes du Front Polisario, qui avait créé la même année la République arabe sahraouie démocratique. Revendiquée également par le Maroc, cette bande de terre de 266 000 kilomètres carrés, qui regorge de ressources minérales encore inexploitées, est devenu l’une des vitrines de la rivalité entre Marocains et Algériens dans la région, ces derniers soutenant l’effort sahraoui. Et empoisonne également les relations entre Rabat et Bruxelles ; le 27 février dernier, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a invalidé un accord de pêche signé entre les deux, qui incluait les eaux territoriales du Sahara occidental sans consulter le peuple sahraoui.