Libye : le maréchal Haftar viole la trêve de l’Aïd en bombardant l’aéroport de Tripoli

Le dossier libyen prend la forme d’un casse-tête pour l’ONU, qui ne trouve plus de réponse aux divisions politiques domestiques.

C’est un euphémisme, le maréchal Haftar peaufine son travail de sape sur la capitale où siège le gouvernement d’Union nationale (GNA) du Premier ministre, Fayez al-Sarraj, reconnu par l’ONU. Entamée début avril, l’offensive de l’homme fort de l’est libyen ne connaît en effet pas de temps faible. Et surtout pas lors de la trêve conduite par l’institution new-yorkaise lors de l’Aïd al-Adha…

Haftar/al-Sarraj : un divorce bétonné

D’après un communiqué de l’aéroport de Mitiga, seul structure aérienne fonctionnelle de Tripoli, la zone a malheureusement fait l’objet dimanche matin de nouveaux tirs de roquettes. En conséquence, le trafic ne reprendra pas jusqu’à nouvel ordre.

Dans les faits – Fayez al-Sarraj a martelé début mai, lors de son passage dans l’Hexagone, qu’il n’était pas disposé à reprendre les discussions avec son rival en vue d’une relance du processus politique national. De son côté, le maréchal Haftar a lui aussi conforté cette tendance le 22 mai dernier à Paris, en affirmant que les conditions n’étaient toujours pas réunies pour envisager un quelconque cessez-le-feu.

La France impuissante

Une situation rendant de facto caduque toute velléité électorale (législative ou présidentielle) dans ce territoire désespérément divisé par les luttes intestines. Et cela, au grand dam de la France en première ligne dans cette équation aux multiples inconnues.

Pour rappel, l’Elysée milite pour l’instauration « d’une délimitation de la ligne de cessez-le-feu sous supervision internationale ». En ce sens, une évaluation du comportement des groupes armés en Libye, y compris ceux qui relèvent directement du GNA, occupe une large place dans la stratégie des Nations unies.

Des civils pris dans l’étau

Pour information, les combats aux abords de la capitale ont fait 1093 morts et 5752 blessés depuis le 4 avril. Mais aussi plus de 120 000 déplacés, déplore l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Face à ce marasme, le Bureau onusien des affaires humanitaires (OCHA) confirme que « beaucoup de civils pris au piège dans les zones de conflit font face à un dilemme : rester chez eux ou partir en raison de l’incertitude des affrontements. Un (choix de Sophie) aggravé par le fait que l’approvisionnement en nourriture et autres produits de première nécessité est en train de s’effondrer dans certains quartiers ».

A suivre donc…

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