Arrêté à 13 ans, le Saoudien, Murtaja Qureiris, risque une fin atroce

Pour avoir participé à une simple manifestation d’écoliers il y a 8 ans, Murtaja Qureiris ne devrait pas échapper à la peine capitale.

Comme le relaie LCI, ce regroupement aux airs de sortie scolaire, et surtout pacifique, a finalement conduit Murtaja, âgé aujourd’hui de 18 ans, vers un bourbier infernal avec la justice saoudienne. A l’époque, tout dérape lorsque l’enfant se saisit d’un mégaphone et hurle, insouciant, ces quelques mots. « Le peuple exige des droits humains ».

Plus jeune prisonnier politique du pays

Une action qui allait engendré fatalement un aller-simple vers l’enfer, puisque ce malheureux, originaire de l’est du territoire et de confession chiite (une minorité sur le territoire), se morfond dans les geôles saoudiennes depuis l’âge de 13 ans… Faisant alors de lui le plus jeune prisonnier politique du pays. Et cela, sans qu’aucune lueur d’espoir vienne enjoliver son triste quotidien.

Et pour cause, l’intéressé « est aussi accusé d’autres torts. Parmi eux, celui d’avoir confectionné des cocktails Molotov, lancés ensuite sur un commissariat, ou d’avoir tiré sur un membre des forces de l’ordre… Plus absurde encore, on lui reproche de s’être rendu à l’enterrement de son frère, décédé quand il n’avait que 11 ans. Parallèlement, le cortège funéraire aurait (selon Riyad) scandé des slogans anti-gouvernementaux », poursuit le média. Les dés étaient déjà pipés.

Vers une crucifixion ou une mutilation 

En 2017, sa situation s’est même davantage détériorée puisque la justice l’a transféré dans une prison pour adulte, où les conditions de détention vont de pair avec son lugubre destin. A partir de là, Murtaja Qureiris aura connu la pression, la torture et l’isolement durant 15 mois afin qu’il offre aux autorités locales les aveux tant attendus.

Désormais, ce martyr risque ni plus ni moins que la crucifixion ou la mutilation selon les dernières conclusions du parquet saoudien, qui a retenu à son encontre des « traces de sédition » de nature à justifier une telle sentence*.

Sans surprise, de nombreuses ONG, à l’image d’Amnesty International, militent ardemment pour qu’une solution diplomatique aboutisse dans ce dossier. Mais les chances que ce lobbying porte ses fruits restent infimes.

Pour information, l’Arabie saoudite a déjà exécuté plus de 100 personnes en 2019.

*Le droit international prohibe la peine de mort si le prévenu était mineur lors des faits. 

          A lire aussi : L’Arabie saoudite vivement critiquée pour l’exécution de 37 personnes