Syrie : des millions de Syriens bientôt expropriés ?

Une loi votée en avril par le Parlement pourrait priver nombre de Syriens hostiles au pouvoir de leur droit au retour.

Le texte permet en effet aux municipalités ou gouvernorats syriens de définir par décret des zones de “modernisation urbaine” où fleuriront de nouveaux projets immobiliers, relaie France 24.

Pour autant, le dispositif contient un hic, et pas des moindres, puisque l’ensemble des habitants ne pouvant pas se prévaloir d’un titre de propriété en bonne et due forme dans ces périmètres se verront délester de leur logement et terrain par l’Etat.

Ces derniers disposent ainsi d’un délai d’une année à compter du 7 novembre 2018 pour faire valoir leurs droits. Dans le cas contraire, ils seront de facto expropriés et leurs biens vendus aux enchères.

A noter que ce délai fut porter initialement à un mois par Damas… Qui a dû finalement faire preuve à l’automne de plus de “flexibilité” dans ce dossier sous la pression de la communauté internationale.

Un coup de poignard étatique envers le peuple 

Concrètement, cette loi revêt un double intérêt pour le régime de Bachar al-Assad, explique Fabrice Balanche, maître de conférence à l’université Lyon 2, sollicité par le média :

« Elle répond (clairement) à des objectifs politiques et économiques (du gouvernement). (A savoir), empêcher le retour de populations qui lui sont hostiles. Les nouvelles zones de développement immobilier concernant surtout des quartiers touchés par des manifestations en 2011. Mais aussi de permettre à des entrepreneurs proches du régime de mettre la main sur des terrains à vil prix, dans un contexte de crise, où l’immobilier offre des retours sur investissement rapides », confirme ainsi l’intéressé.

Pour rappel, selon les chiffres onusiens, 5,6 millions de Syriens ont déjà choisi de quitter le territoire. Tandis que le pays compte désormais 6,6 millions de déplacés internes.