Maroc : 6 personnes déférées en justice pour avoir pratiqué des avortements clandestins

Alors que des centaines d’IVG sont réalisées chaque jour “hors des sentiers battus” au Maroc, la législation, elle, n’évolue pas.

Six personnes passeront par la case justice au Maroc, le 24 mai prochain, pour avoir pratiqué plusieurs avortements clandestins dans un appartement de Marrakech. Mais aussi pour avoir importé des médicaments illégalement sur le territoire, relaie Le Figaro.

Concrètement, ce « réseau », démantelé à la fin du mois d’avril, comprend « deux internes, un étudiant en médecine et un pilote qui importait d’Espagne un anti-inflammatoire souvent utilisé (dans le pays) par des femmes souhaitant avorter ». Les opérations s’élevaient de leur côté à près de 3 000 dirhams (280 euros).

La problématique de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), encore très taboue dans le royaume, se confronte ainsi une nouvelle fois à un système pénal manquant cruellement de souplesse. Et pour cause, l’IVG est passible techniquement de 6 mois à deux ans de prison pour la femme qui avorte, et de 1 à 5 années à l’ombre pour ceux et celles qui en sont les complices.

Une justice archaïque 

Actuellement, seul le cas où la santé de la mère est mise en jeu est « éligible » à l’interruption volontaire de grossesse. Le projet de loi élargissant ce droit aux cas de viol, d’inceste, de handicap mental ou de malformation très grave du fœtus, est quant à lui toujours au point mort.

Et cela, au grand dam des associations locales qui recensent quotidiennement entre 600 et 800 avortements clandestins – le plus souvent dans des conditions sanitaires désastreuses. Ainsi que 150 abandons d’enfants. Pour rappel, la loi marocaine considère les enfants nés hors mariage comme « illégitimes ».

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