Somalie : les shebab frappent une base militaire de l’Amisom

Le groupe djihadiste a frappé mercredi 14 août la base militaire de Awdheegle, située à 70 km au sud de Mogadiscio.

Comme souvent, les terroristes ont utilisé un mode opératoire basé sur des véhicules piégés et des tirs nourris contre les soldats locaux et ceux l’Amisom liés aux forces détachées de l’Union africaine (UA) en Somalie.

« Après les explosions, ils ont tenté de percer nos lignes, mais nous les avons repoussés. (Désormais), nous les poursuivons. (Toutefois), plusieurs (militaires) ont été légèrement blessés par des éclats », explique ainsi le général, Yusuf Rageh, dans des propos repris par Le Figaro.

L’intéressé a par ailleurs confirmé le décès d’un journaliste radio présent au sein de la base. Gacal Abdulle Gacal, âgé de 23 ans, est en conséquence le troisième reporter décédé cette année en Somalie. De leur côté, les shebab ont affirmé avoir « tué beaucoup de soldats (durant l’assaut) ».

Les Nations unies davantage en retrait sur le dossier somalien

Cette attaque intervient malheureusement dans un contexte difficile, puisque l’ONU réduit peu à peu le contingent de l’Amisom sur le territoire. Concrètement, la mission de l’UA en Somalie a déjà subi une première coupe en décembre 2017, puis une deuxième au mois de février. Quant à la dernière en date, évaluée à 1000 hommes, elle est intervenue dimanche 2 juin. Et cela, suite à un vote unanime d’une résolution britannique… qui a néanmoins étendu le mandat de l’Amisom d’un an. Conséquence, seuls 19 600 hommes mènent à présent de front ce combat contre le djihadisme loin d’être gagné.

Un état de fait qui inquiète Matt Bryden, co-fondateur du groupe de réflexion géo-politique, Sahan Research : « Cette décision reflète (avant tout) la confusion qui règne au sein même du Conseil de sécurité. Les membres ne s’accordent pas sur la marche à suivre en Somalie. Certains veulent en sortir au plus vite, quand d’autres souhaitent au contraire maintenir la mission de paix », regrette ainsi l’intéressé auprès de RFI.

Le Etats-Unis reviennent au premier plan sur le territoire

Dans les faits, les Nations unies comptent logiquement sur les forces américaines pour assurer “le service après-vente”, car l’oncle Sam dispose de 5 bases militaires sur le territoire. Et pour cause, après presque 30 ans “d’abstinence”, Washington a rouvert son ambassade à Mogadiscio au mois de décembre 2018. De quoi voir l’avenir sereinement, donc.

Pour rappel, le gouvernement central somalien résiste toujours tant bien que mal aux assauts répétés du terrorisme. Il le doit avant tout au soutien dont il bénéficie sur l’échiquier mondial auprès de l’ONU et de l’Union africaine, via le contingent de l’Amisom. Malheureusement, cela ne suffit pas ou plus.

Et pour cause, bien que les islamistes des shebab disposent d’une marge de manœuvre plus faible depuis 2011 et la perte de la capitale, ils restent malgré tout encore très actifs sur le territoire. Notamment dans de vastes zones rurales, d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides jusqu’à Mogadiscio.

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