La Palestine prend officiellement la tête du G77

Il s’agit d’une victoire symbolique, pour l’Etat palestinien, qui n’est toujours pas membre de l’ONU en raison du blocage israélien.

Voilà qui devrait ravir les Israéliens. En octobre dernier, la Palestine, Etat non membre (mais « observateur ») des Nations unies (ONU), avait été choisie pour présider, cette année, cette coalition de pays en développement. Un rôle que le secrétaire général, Antonio Guterres, a bien évidemment confirmé mardi dernier, à l’occasion d’une cérémonie « historique », selon les termes de la présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, Maria Fernanda Espinosa. « Je félicite l’Etat de Palestine alors qu’il assume la présidence du ‘‘Groupe des 77 et la Chine’’ pour 2019 », a déclaré M. Guterres, tout en souhaitant « la bienvenue [au] président [de l’Autorité palestinienne,] Mahmoud Abbas ».

« C’est sans aucun doute une mission importante et une grande responsabilité que la Palestine assumera avec humilité, engagement, dévouement et détermination, pour défendre les intérêts du Groupe et renforcer les positions de ses membres à l’ONU », a déclaré Mahmoud Abbas, mardi 15 janvier.

Ce dernier, pendant un an, aura donc la tâche de conduire les travaux du Groupe des 77. Qui réunit, en réalité, 134 pays – mais a été crée, en 1964, par 77 Etats. Son rôle ? Promouvoir les intérêts économiques et politiques collectifs de ses membres, et tenter de peser dans les négociations aux Nations unies. Une sorte de G7 pour les pays en développement, en d’autres termes, qui mise avant tout sur le multilatéralisme, « seul moyen de relever nos défis communs », selon les mots d’Antonio Guterres. Qui n’a pas manqué de souligner que la Palestine faisait face, aujourd’hui, à « certains des problèmes mondiaux les plus difficiles et les plus dramatiques auxquels nous sommes confrontés ».

Victoire symbolique

Le premier d’entre eux : un voisin israélien qui refuse aux Palestiniens le droit d’exister. Pour rappel, selon le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), l’année 2018 a vu une recrudescence des violences des colons israéliens à l’égard des Palestiniens. Dont près de 300 ont trouvé la mort, dans des affrontements avec les forces armées israéliennes, en Cisjordanie ou à Gaza, alors que les Palestiniens commémoraient, l’an dernier, les 70 ans de la Nakba (« catastrophe » en arabe), l’exode consécutif à la création de l’Etat d’Israël en 1948. « Il s’agit du plus grand nombre de morts en un an depuis le conflit de Gaza en 2014 », renseignait ainsi l’agence onusienne fin décembre dernier.

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Une tragédie (à répétition) qui fera de la Palestine une bonne présidente du G77, selon Antonio Guterres. « Vous êtes bien placés pour assumer la présidence de cet important groupe de pays », a-t-il effectivement déclaré. Alors que 2019 devrait être une année cruciale, selon l’ONU, pour « éliminer la pauvreté, réduire les inégalités et assurer la transition vers des économies plus inclusives et durables ». En attendant, force est de constater qu’il s’agit d’une petite victoire (symbolique), pour la Palestine, qui, après avoir obtenu le statut d’Etat observateur en 2012, accède à la présidence d’un groupe d’ampleur mondiale. Moyennant le vote d’une résolution statutaire, l’an dernier, offrant à Ramallah davantage de prérogatives.

Crédits photo : ONU/Manuel Elias