Tchad : l’opposition boycotte le débat parlementaire sur la nouvelle constitution

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18.04.2018

L’opposition tchadienne considère que le passage en force du président Déby dans ce dossier rend son rôle politique caduque.

Alors que l’hémicycle tchadien s’apprête à adopter sous deux semaines le projet de la nouvelle constitution nationale – bien que son mandat a expiré depuis trois ans – l’opposition a décidé de boycotter les débats estimant que les dés étaient pipés.

Saleh Kebzabo, le chef de file du “contre pouvoir”, s’en est d’ailleurs très clairement expliqué hier auprès de RFI : « Nous connaissons très bien la machine infernale qui a été lancée contre nous et contre la population. Déby veut les pleins pouvoirs. Il ne se satisfait pas de ce qu’il a obtenu jusqu’ici. Il a une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, il fera ce qu’il voudra. Nous allons faire de la figuration », fustige-t-il.

Avant de poursuivre son réquisitoire contre l’omnipotent chef d’Etat qui refuse de passer par la case référendum pour faire valider le texte : « Je peux vous assurer qu’en la matière, il n’y a pas de chaise vide parce que si la chaise était vide, on ne parlerait pas de nous. C’est parce que justement nous posons un acte majeur que la population approuve. Et que nous décidons de ne pas aller à l’Assemblée nationale pendant les deux prochaines semaines où ces questions seront débattues»

Un véritable camouflet

Sans surprise, les arguments étaient bien différents du côté du parti présidentiel. A l’image du député de la majorité, Djidengar Ndjendi Bassa, qui considère que l’opposition joue son rôle en dénigrant cette évolution constitutionnelle : « Je trouve que c’est normal. Nous sommes à un virage décisif de l’histoire de notre pays. Nous voulons mettre en place une IVe République. Ce n’est pas tout le monde qui opte pour le changement », estime ainsi l’intéressé.

Pour rappel, la nouvelle constitution présente de multiples novations comme une meilleure représentation des femmes au sein des assemblées élues, institutions et administrations publiques et privées. Mais aussi une garantie de participation des Tchadiens résidant à l’étranger et des nomades à la vie de la nation. Malheureusement, celle-ci présente en retour un énorme camouflet puisque Idriss Déby disposera désormais des pleins pouvoirs et n’aura plus besoin de Premier ministre.

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