Syrie : Bachar el-Assad accuse la France de soutenir le terrorisme

« Celui qui soutient le terrorisme n’a pas le droit de parler de paix et n’a pas le droit de s’ingérer dans les affaires syriennes » d’après lui.

« La France a été le porte-étendard du soutien au terrorisme en Syrie ». La phrase est signée Bachar el-Assad, en référence au soutien apporté par Paris aux rebelles qui combattent son gouvernement depuis le début de la guerre en Syrie, en 2011. En marge d’une réunion à Damas, où il recevait aujourd’hui une délégation de responsables et d’hommes d’affaires russes, le président syrien s’est donc livré à une petite diatribe contre Paris. Qui a accusé il y a quelques jours le gouvernement syrien d’obstruer les négociations de Genève, dont le dernier round a capoté. « [La France] n’est pas en position de donner son avis sur une conférence de paix » a estimé Bachar el-Assad, ajoutant que « celui qui soutient le terrorisme n’a pas le droit de parler de paix et n’a pas le droit de s’ingérer dans les affaires syriennes .»

Le 14 décembre dernier, les pourparlers organisés sous l’égide des Nations unies (ONU) entre le régime syrien et l’opposition s’étaient effectivement achevés sans avancée notable. Et le lendemain, le Quai d’Orsay avait dénoncé la « stratégie d’obstruction irresponsable » de Damas, estimant que le gouvernement avait par conséquent « refusé de s’engager » dans les pourparlers. La raison ? Pour régler le conflit syrien comme il se doit, Bachar el-Assad semble préférer le climat de Sotchi, en Russie, bien plus propice à celui de Genève. La ville hôte des derniers Jeux d’hiver accueillera en effet, l’an prochain, une réunion très formelle sur l’avenir de la Syrie, là même où s’étaient rencontrés le président syrien et Vladimir Poutine, fin novembre dernier, juste avant le rendez-vous onusien.

« Répondre de ses crimes »

Le chef du Kremlin – qui peut quasiment se targuer d’avoir « remporté » la guerre dans le pays -, grand allié du président syrien, est à la manoeuvre en Syrie ; depuis quelques mois, il organise des réunions à Astana (Kazakhstan) en parallèle des rencontres onusiennes, mais se défend de jouer les cavaliers seuls. Bachar el-Assad a lui clairement choisi son camp. « A Genève, les personnes avec lesquelles nous négocions ne sont pas même représentatives d’elles-mêmes » a-t-il lâché, toujours en direction de la France, soutien des opposants à M. El-Assad. Pas de quoi contrarier Emmanuel Macron, qui est estimé dimanche soir sur France 2 qu’il fallait « parler » au chef de l’Etat syrien. Tout en estimant que celui-ci devrait nécessairement « répondre de ses crimes ».

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Depuis le début du conflit en Syrie, les affrontements entre forces loyalistes, soutenues par la Russie et l’Iran, et rebelles – qui comprennent des milices arabes et kurdes – ont fait plus de 340 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés. Au départ « simple » répression de manifestations contre un pouvoir jugé trop autoritaire, la situation a rapidement glissé vers la guerre ouverte avec l’intervention de forces extérieures. Et des pratiques ignominieuses de la part de Damas, accusée d’avoir eu recours à des armes chimiques. Le 16 novembre dernier, Moscou a d’ailleurs opposé son veto contre une résolution présentée par les Etats-Unis, visant à renouveler le mandat de la commission d’enquête sur le sujet. Ceci pour la dixième fois.

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