Le Qatar se met au vert pour la planète

« Les pays du Golfe n’auront pas le choix, à l’avenir, que de tous s’engager sur la voie de l’économie verte. »

Qatar Petroleum, la compagnie nationale pétrolière du Qatar, a récemment annoncé la mise en place d’une stratégie de développement durable novatrice afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire. Premier exportateur mondial de gaz naturel liquide (GNL), avec 22 % des exportations de la planète en 2019, le petit émirat cherche depuis des années à concilier sa production d’hydrocarbures et la préservation de la planète. Une gageure pour tout pays dont l’économie repose à 60 % sur l’exportation d’énergie. Cette stratégie s’inscrit dans le vaste plan de la « Qatar National Vision » (QNV 2030), déterminant les objectifs de développement de l’émirat pour les années à venir.

Doha est parvenue, petit à petit, à diversifier son économie de rente depuis des années – ceci en amont de la fin du tout-pétrole à venir -, et à inscrire son développement dans une vaste opération de décarbonation de son bilan énergétique. L’objectif étant de diminuer petit à petit les émissions de combustibles fossiles, mais également de remplacer (progressivement) une partie de ces énergies nécessaires à tout développement par des énergies renouvelables. La stratégie récemment présentée par Qatar Petroleum se fixe un certain nombre d’objectifs à mettre en œuvre, dans le cadre de l’Accord de Paris (2015), que Doha a signé, et qui pourrait bien être remis au goût du jour avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, qui avait promis de revenir dans l’accord dès son arrivée au pouvoir.

Qatar Petroleum prévoit ainsi de déployer un certain nombre d’installations dédiées au captage et au stockage du carbone, afin de retenir près de 7 millions de tonnes de CO2 par an au Qatar. Concernant les installations déjà en cours de production de GNL, il est prévu d’optimiser leur bilan énergétique par une réduction de 25 % des émissions de gaz à effet de serre qui en découlent. Il serait même possible de réduire, d’ici 2035, de près de 75 % les particules toxiques émanant du « torchage du gaz », une pratique extrêmement contestée depuis des années pour la pollution de l’air qu’elle entraîne. En ajoutant la production de près de 4 gigawatts d’énergie électrique, qui proviendraient d’énergies renouvelables, le Qatar économiserait encore la production de plus de 5 millions de tonnes de CO2 par an !

Fondée sur trois piliers de développement, cette stratégie d’atténuation de l’empreinte environnementale du pays reposera, en résumé, sur le ralentissement du changement climatique, la responsabilité opérationnelle et le développement social et économique, dans un contexte mondial qui sera de plus en plus compétitif sur le sujet. Dans le cadre de l’annonce de cette nouvelle stratégie verte, le ministre d’État de l’Énergie qatari, par ailleurs PDG de Qatar Petroleum, Saad Sherida al-Kaabi, déclarait récemment :

« La stratégie de développement durable de Qatar Petroleum est un engagement audacieux avec des objectifs et des jalons clairs qui garantissent que nous intégrons des considérations de développement durable dans la façon dont nous planifions et gérons l’ensemble de nos activités et opérations. »

Les pays du Golfe n’auront pas le choix, à l’avenir, que de tous s’engager sur la voie de l’économie verte. Non seulement parce que les ressources ne sont pas inépuisables, mais également parce que le contexte mondial pousse à cette action urgente face au réchauffement climatique, dont nous faisons tous les frais sur la planète. C’est l’effet papillon dont nous devons nous prémunir au plus vite !

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