Le principal port soudanais bloqué par un mouvement de grève

1400 travailleurs de Port-Soudan sont en grève depuis lundi en raison d’une possible concession de l’enceinte.

Le principal port soudanais jouxtant la mer Rouge, situé à 675 kilomètres de la capitale, est actuellement paralysé par “ses locataires”. Ces derniers redoutent en effet la signature d’un accord entre l’Etat et une entreprise philippine portant sur l’exploitation du terminal à conteneurs.

Concrètement, ce projet menace la pérennité de nombreux emplois dans l’un des centres névralgiques de l’économie domestique. Et cela, alors que le Soudan traverse l’une des crises économiques les plus importantes de son histoire. De son côté, le gouvernement espère obtenir en retour une rentrée salvatrice de devises étrangères faisant cruellement défaut par les temps qui courent.

Un besoin urgent de liquidités étrangères

Et pour cause, l’Etat voit ses réserves fondre depuis 2011, année de l’indépendance du Soudan du Sud, qui a récupéré la mainmise sur les champs pétroliers nationaux. Pire, Khartoum s’est vu obligée de dévaluer la livre à plusieurs reprises en 2018. Sachant que la Banque centrale annonce au quotidien depuis octobre, et jusqu’à nouvel ordre, le taux de change officiel par rapport au dollar. A ce jour, un dollar équivaut donc à 47,62 livres.

Conséquence directe, le président el-Béchir a dû trancher dans le vif en supprimant des subventions essentielles sur certains produits de base. Ce qui nourrit de facto la fronde populaire ainsi que l’inflation, qui dépasse désormais le cap des 70 %… Sans parler d’une pénurie de farine, de carburant, de médicaments ou encore de gaz.

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