Arabie saoudite : Aramco et Air Products créent une coentreprise dans l’énergie

Riyad espère ainsi développer sa « ville économique » de Jazan et sa « Vision 2030 ».

Saudi Aramco, Air Products et ACWA Power ont signé un accord définissant les conditions de création d’une joint-venture gazéification/électricité en Arabie saoudite, avec des actifs achetés au géant de l’énergie saoudien. « La coentreprise achètera les actifs de gazéification, le bloc d’électricité et les équipements associés à Saudi Aramco pour environ 8 milliards de dollars », ont déclaré conjointement les trois groupes. Basée à Jazan Economic City (JEC), la future société verra l’américain Air Products prendre 55 % de son capital, tandis que Saudi Aramco et ACWA Power en détiendront le solde, selon le communiqué.

« Autosuffisance de nos mégaprojets »

La province de Jazan (sud-ouest) abrite une ville économique – avec un fort accent mis sur l’énergie et les industries manufacturières -, « JEC », qui aura vocation à créer, à terme, quelque 500 000 emplois. Avec une population d’1,2 million d’habitants, la région héberge par exemple le port de Jazan, troisième installation portuaire la plus importante du royaume, et mise sur un développement économique en « symbiose » – les entreprises s’y développent les unes avec les autres, en concertation, plutôt que de manière isolée. Son emplacement sur la côte sud de la mer Rouge permet également aux groupes de bénéficier des routes commerciales maritimes vers l’Europe, le golfe Persique et l’Afrique de l’Est.

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D’ailleurs, la coentreprise – propriétaire et exploitant de l’installation, mise en service en 2019, pour une durée de 25 ans – « desservira la raffinerie et le terminal de Saudi Aramco à JEC, un megaprojet qui traitera du pétrole brut lourd et moyen pour créer [notamment] du gaz de pétrole liquéfié, a ajoutera 400 000 barils par jour de capacité de raffinage » selon le communiqué. Qui pourront dès lors être exportés un peu partout dans le monde. Et, selon Abdulaziz al-Judaimi, vice-président senior du géant pétrolier saoudien, « la coentreprise sera au cœur de l’autosuffisance de nos megaprojets à Jazan [et] augmentera la valeur globale de la raffinerie […] ».

« Vision 2030 »

Toujours dans cette optique de développement « symbiotique », les porteurs du projet espèrent que celui-ci aidera à « transformer la province en positionnant la JEC pour des investissements étrangers directs supplémentaires et la participation du secteur privé ». Cette stratégie fait partie du plan « Vision 2030 », mis en place par les autorités saoudiennes pour sortir le royaume de sa dépendance au pétrole et, plus globalement, repenser l’économie de l’Arabie saoudite. Le président d’ACWA Power, Mohamed Abunayyan, l’a d’ailleurs indiqué : « Notre collaboration avec des entreprises leaders de l’industrie, Saudi Aramco et Air Products, stimulera la croissance et l’innovation, en accord avec la « Vision 2030 » ».

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Riyad, qui, grâce à cette vaste réforme – économique mais également sociale et sociétale -, entend changer l’image du royaume, compte pour ce faire sur la cession d’une partie du capital de Saudi Aramco, valorisée à plus de 2 000 milliards de dollars. Problème : l’ « introduction en bourse du siècle », annoncée en 2016, prend du retard. Si les dirigeants du pétrolier avancent les conditions défavorables sur les marchés financiers, certains spécialistes estiment tout simplement que l’opération pourrait ne jamais avoir lieu.