Arabie saoudite : le DJ français David Guetta salue les réformes du royaume

« Je veux jouer pour les gens où que j’aille » : l’artiste a tenu à défendre sa participation à un festival saoudien.

Le DJ français David Guetta, connu dans le monde entier, s’est fait une place dans le golfe Persique. C’est le moins que l’on puisse dire. L’artiste réside aux Émirats arabes unis (EAU), où il s’est produit à plusieurs reprises – la dernière fois sur l’héliport de l’hôtel Burj Al Arab. Et il a été l’un des premiers artistes invités à se produire en Arabie saoudite, lorsque le royaume a ouvert ses portes aux touristes et a commencé à autoriser les concerts et les spectacles.

David Guetta s’y était produit dans le cadre de la Formule-E saoudienne, en 2018, puis un an plus tard, au festival de musique MDLBeast, à Riyad, la capitale du royaume. Vendu comme le plus grand événement musical de la région, le festival a suscité des réactions mitigées, pour ne pas dire négatives, notamment parce qu’il servirait à « blanchir » l’image de l’Arabie saoudite, accusée par de nombreuses associations de violations répétées des droits humains.

« Pour les gens »

David Guetta, qui fait sa deuxième apparition au festival, dimanche, a tenu à défendre sa participation auprès de l’agence américaine Associated Press (AP) :

« Je ne joue pas pour les politiciens, je joue pour les gens. Vous savez, si je devais jouer uniquement dans les pays où je suis totalement d’accord avec les dirigeants… », a-t-il déclaré depuis le Louvre Abou Dabi, où il enregistrait un set pour un spectacle de la Saint-Sylvestre (diffusé en streaming pendant la nuit). Avant de poursuivre : « Je resterais probablement chez moi. »

En 2019, les réseaux sociaux Instagram et TikTok étaient garnis de photos de célébrités, de mannequins et d’influenceurs posant dans différentes régions d’Arabie saoudite, à l’occasion de la première édition du MDLBeast. Des posts qui avaient suscité la controverse, et les groupes de défense des droits humains ne s’étaient pas privés d’annoncer aux célébrités qu’elles faisaient le jeu et la publicité d’un pays bien terne en matière de droits humains.

Certaines de ces célébrités ont par la suite déclaré avoir été payées pour poster à propos de l’événement. Et des rapports circulant sur les médias sociaux, à l’époque, affirmaient que certains influenceurs et artistes avaient reçu des cachets élevés. « Je ne dis pas ce que je dis parce que je suis payé. Je suis payé dans n’importe quel pays. Vous savez que je peux gagner de l’argent en Arabie saoudite, en Amérique, en Europe, en Amérique latine », a déclaré David Guetta à AP.

« Améliorer le pays »

Le festival de musique a été l’un des premiers événements, en Arabie saoudite, où les hommes et les femmes ont été autorisés à danser et à se mêler ouvertement en public. L’un des signes les plus visibles du changement impulsé par le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman (dit « MBS ») en 2018, afin de lisser l’image du pays. Depuis, le roi Salman a accordé à son fils et premier héritier, une carte blanche pour adopter ce genre de politiques d’ouverture.

L’autorisation de conduire pour les femmes, l’organisation de concerts, l’ouverture de cinémas, l’assouplissement des restrictions sur la ségrégation sexuelle et la limitation des pouvoirs de la police religieuse sont autant de réformes emblématiques du jeune prince. Et autant de raisons pour lesquelles David Guette était « heureux de faire partie de tout cela »« Bien sûr, il y a encore des choses à faire pour améliorer le pays, mais je pense qu’ils s’ouvrent et vont vraiment dans la bonne direction ».

Le DJ français d’affirmer ensuite que les artistes, quels qu’ils soient, ne devraient pas avoir à attendre qu’un pays ait un bilan parfait avant de vouloir montrer leur soutien. « Je veux être capable de jouer pour les gens où que j’aille. Si les jeunes veulent que je sois là, je veux être là pour eux », a-t-il déclaré. Pas sûr que les défenseurs des droits humains, qui militent en ce moment pour que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de Jamal Khashoggi, au consulat saoudien d’Istanbul, en octobre 2018, aient goûté ces propos.

 

Crédits photo : Le DJ français David Guetta se prépare pour une interview avec l’agence américaine Associated Press au Louvre Abou Dabi, aux Émirats arabes unis, jeudi 16 décembre 2021 (AP Photo/Jon Gambrell).

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