Liban : les militaires retraités s’insurgent contre la plan d’austérité du gouvernement

Alors que Beyrouth prévoit un budget 2019 particulièrement austère, la population, elle, ne l’entend pas de cette oreille.

C’est notamment le cas des fonctionnaires libanais, dont les salaires et les retraites sont dans la ligne de mire du nouveau gouvernement opérationnel depuis seulement fin janvier. Parmi eux, siègent en bonne place les militaires à la retraite, confirme Le Point.

Ces derniers goûtent en effet moyennement à la probable « diminution de 3 % des pensions pour les personnes ayant travaillé dans les institutions sécuritaires et une révision des modalités de calcul de leur retraite ».

Des manifestations ont donc logiquement éclaté lundi, dans la capitale, aux portes du Grand Sérail, bâtiment où se tient habituellement le Conseil des ministres. Les militaires frondeurs se sont alors confrontés à d’autres militaires, moins âgés. Armées de canons à eau, les forces de sécurité ont finalement réussi à reprendre le dessus, bien qu’un blessé parmi “les hussards” soit à déplorer.

Une austérité appelée à durer jusqu’en 2023

Cette “passe d’armes” a toutefois porté ses fruits puisque une délégation de protestataires s’est entretenue en début d’après midi avec le ministre de la Défense, Elias Bou Saab. De quoi obtenir quelques garanties étatiques. De son côté, le porte-parole du gouvernement a semé le doute et affirmé que plusieurs questions restaient toujours en suspens dans ce dossier.

Confronté à une dette de 85 milliards de dollars, soit 152 % du PIB, mais aussi à l’afflux inquiétant de migrants syriens, le Liban s’est engagé à diminuer de cinq points le ratio déficit public/PIB sur la période 2018-2023, poursuit le média.

A cette fin, « le budget pour l’année en cours inclue (théoriquement) une hausse de la taxe sur l’épargne bancaire de 7 à 10 %, une réduction des salaires des fonctionnaires ainsi que le gel des recrutements dans le secteur public ».

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