Tunisie : une nouvelle loi électorale bouleverse les échéances politiques de fin 2019

Ce texte écarte les candidats indépendants un peu “trop encombrants” en vue des scrutins législatif et présidentiel.

« A quelques mois du double scrutin législatif et présidentiel prévu fin 2019, l’atmosphère politique s’est brutalement alourdie en Tunisie avec l’adoption, mardi 18 juin, par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) d’un train d’amendements à la loi électorale visant à éliminer des candidatures d’outsiders bousculant les partis établis. Une mesure initiée par la coalition soutenant le gouvernement de Youssef Chahed », relaie Le Monde.

Conséquence directe, plusieurs candidats indépendants disposant d’une crédibilité grandissante dans les sondages ne pourront pas concourir lors des prochaines sessions électorales. C’est ainsi le cas du patron de la chaîne de télévision Nessma, Nabil Karoui, de la présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi. Mais aussi de la mécène Olfa Terras-Rambourg.

Face à la polémique, Tunis s’est efforcée de garder le cap en affirmant que ces amendements ont uniquement pour but « de rétablir l’égalité entre les candidats et (sauvegarder) les règles restrictives (inhérentes) à l’activité des partis politiques déclarés ».

Coup d’Etat politique

Dans les faits, la nouvelle législation plafonne désormais la publicité politique et les dons de personnes morales privées ou publiques à 60 000 dinars (18 000 euros). Parallèlement, le financement étranger ou la distribution d’aide en argent ou en nature aux citoyens sont eux aussi “persona non grata”. Il est également important de noter qu’un dernier amendement écarte de facto « les nostalgiques de l’ère Ben Ali », telle que Abir Moussi, persuadée que la révolution de 2011 est l’oeuvre d’un complot étranger.

Sans surprise, la société civile tunisienne n’a pas manqué de qualificatifs équivoques pour commenter ce coup de force politique tout sauf anodin. Une décision, qui rappelons-le, peut encore faire l’objet d’un recours pour anticonstitutionnalité.

A suivre…

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