Liban : le Hezbollah possèderait 100 000 combattants selon son leader

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20.10.2021

Son discours semble avoir été conçu comme un moyen de dissuasion à l’égard des « ennemis intérieurs ».

Hassan Nasrallah a révélé la taille de la branche militante du groupe chiite dans son premier discours depuis que sept personnes ont été tuées dans des fusillades dans les rues de Beyrouth jeudi – la pire violence de rue que la ville ait connue depuis des années. La confrontation a éclaté au sujet d’une enquête de longue haleine sur l’explosion massive du port de la capitale, l’année dernière.

Il est difficile de vérifier le chiffre de 100 000 combattants, nuance néanmoins l’agence américaine Associated Press (AP), le Hezbollah étant très secret. Si ce chiffre est exact, il serait supérieur à celui des forces armées libanaises, estimé à environ 85 000 hommes, estime AP.

« Nous avons préparé [ces combattants, ndlr] à manier leurs diverses armes pour défendre notre territoire, notre pétrole et notre gaz qui sont volés sous les yeux des Libanais, pour protéger la dignité et la souveraineté de notre pays contre toute agression [et] le terrorisme ,et non pour des combats internes », a déclaré Nasrallah.

Dans son discours, le leader du Hezbollah a également accusé le chef d’un parti chrétien de droite, Samir Geagea, de chercher à déclencher une guerre civile dans le petit pays. S’adressant directement à lui, Hassan Nasrallah a déclaré : « Ne faites pas d’erreur de calcul. Soyez sage et comportez-vous bien. Tirez une leçon de toutes vos guerres et de toutes nos guerres. »

En 1990, à la fin de la guerre civile (qui a duré 15 ans), le Hezbollah était le seul groupe à avoir conservé ses armes. Il a mené, depuis, plusieurs conflits avec Israël et s’est attribué le mérite du retrait des troupes israéliennes du sud du pays en 2000. Le Hezbollah a également envoyé ses combattants pour soutenir les forces armées syriennes dans la guerre civile qui sévit dans ce pays depuis dix ans.

Le Hezbollah et ses alliés ont vivement critiqué le juge Tarek Bitar, chargé de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth, en août 2020, l’accusant, globalement, de partialité, et de poursuivre certains responsables (dont ceux du Hezbollah) et pas d’autres, tout en cherchant à politiser l’enquête. Ils ont demandé à ce qu’il soit démis de ses fonctions.

M. Bitar a été critiqué par d’autres groupes politiques, après avoir convoqué de hauts responsables dans le cadre de l’enquête, notamment d’anciens ministres et un ancien Premier ministre, et les avoir accusés de négligence intentionnelle ayant entraîné la mort de plus de 215 personnes. Le juge n’a pas fait de commentaire public ni répondu aux critiques.

Les affrontements de jeudi ont vu des hommes armés s’affronter pendant plusieurs heures à coups de fusils automatiques et de grenades propulsées par fusée dans les rues de Beyrouth. Il s’agit de la confrontation la plus violente dans la ville depuis des années, faisant écho à l’époque la plus sombre de la nation, celle de la guerre civile, entre 1975 et 1990.

 

Crédits photo : Sur cette photo d’archives du 31 mai 2019, des combattants du Hezbollah marchent lors d’un rassemblement pour marquer la journée de Jérusalem (ou journée Al-Qods), dans la banlieue sud de Beyrouth, à Dahiyeh, au Liban (AP Photo/Hassan Ammar).

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