Le Conseil de sécurité appelle à l’ « indépendance politique » du Liban

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20.12.2017

Le but est de « rétablir le fonctionnement normal des institutions » en vue notamment des élections législatives de 2018.

Un mois après le retour de Saad Hariri au Liban, les Nations unies (ONU) ont tenu à apporter leur soutien au pays du Cèdre. « Les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé leur ferme appui à la stabilité, à la sécurité, à l’intégrité territoriale, à la souveraineté et à l’indépendance politique du Liban » se sont-ils exprimés dans un communiqué de presse, publié hier. Ils ont également appelé « tous les Etats et organisation de la région à œuvrer pour [cette] stabilité et [cette] sécurité », en rappelant « qu’il fallait protéger le Liban de la crise qui déstabilise le Moyen-Orient. »

Le 4 novembre dernier, le Premier ministre libanais annonçait de manière surprenante sa démission depuis Riyad, où le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salman (« MBS »), l’avait prié de se rendre la veille. Motif invoqué : la trop grande ingérence de l’Iran, soutien affiché du Hezbollah, parti libanais chiite, dans le pays. Pour Antoine Ajoury, journaliste à L’Orient-Le Jour, pas de doute : « Il est évident que l’Arabie saoudite a fait pression sur [Saad Hariri] pour qu’il démissionne. Les termes belliqueux contre l’Iran et le Hezbollah [lui] sont étrangers » nous confiait-il en novembre.

« Fonctionnement normal des institutions »

Riyad a toujours été proche des sunnites libanais – auxquels appartient le Courant du futur, le parti politique de M. Hariri – et, de son côté, Téhéran peut compter sur le relai du « Parti de Dieu » pour peser dans la région. Le Hezbollah, mouvement créé en 1982 pour s’opposer à l’intervention militaire d’Israël au Liban, ne cantonne effectivement pas son action à la politique intérieure, puisqu’il prend part à certains conflits régionaux, comme en Syrie. Chose que Saad Hariri, après avoir annoncé qu’il suspendait sa démission, a dénoncée, en exigeant que les intérêts du Liban priment sur le reste.

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Faisant écho à la volonté du Premier ministre libanais, « les membres du Conseil de sécurité ont appelé toutes les parties libanaises à mettre en œuvre une politique concrète de désistement de tout conflit extérieur, en tant que priorité importante ». Le but étant de « rétablir le fonctionnement normal des institutions » dans l’optique des élections législatives qui doivent se tenir l’an prochain. Autre requête du Conseil de sécurité adressée au gouvernement : « accélérer son programme de réformes afin de garantir la stabilité politique et économique d’un Etat fonctionnel, transparent et démocratique, avec la pleine participation des femmes et des hommes. »

 

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