Maroc/héritage : une intellectuelle fait les frais de ses prises de position

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21.03.2018

La chercheuse, Asma Lamrabet, a eu le malheur de qualifier d’inégalitaire la problématique de l’héritage dans le Royaume.

« J’ai présenté ma démission […] Une étape est finie », a confirmé ce mardi la présidente du Centre des études féminines en islam, connue pour son approche dépolitisée des textes religieux en vue d’une émancipation de la femme. Cette dernière n’a pas eu d’autre choix que d’abandonner ses fonctions suite à ses déclarations progressistes sur l’épineux dossier successoral au Maroc.

A. Lamrabet était en effet montée au créneau pour défendre les intérêts des Marocaines qui ne bénéficient que d’une demi-part successorale. Et cela, comme dans la plupart des pays musulmans, relaie Le Monde. Le site Médias 24 confirme parallèlement que cette prise de position « a provoqué un véritable tollé (national) notamment parmi les salafistes, qui n’ont pas lésiné sur les insultes ».

« L’un des derniers bastions du patriarcat »

Pour autant, l’intéressée en ressort grandie puisque son combat a largement animé la Toile. De nombreux internautes l’ont ainsi immédiatement soutenue dans cette difficile épreuve.

Il est important de noter que la question de l’héritage reste toujours taboue dans le pays malgré une intensification du débat politique en la matière depuis 2015. En comparaison, la Tunisie semble plus avancée dans sa vague contestataire, à l’image des manifestations du 10 mars dernier où une centaine d’associations a défilé contre « l’un des derniers bastions du patriarcat ».

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