Italie : Rome expulse un imam radicalisé vers le Maroc

Cette décision a été officialisée ce jeudi par Matteo Salvini, le sulfureux ministre de l’Intérieur italien.

L’imam, Houssam Din Rouzak, est passé par la case expulsion lundi à Milan. Ce dernier, d’origine marocaine, a gagné dans la foulée l’aéroport de Casablanca.

Les autorités de la Botte lui reprochaient en effet son agressivité envers les fidèles du centre culturel islamique de Novare, au sein duquel il sévissait. Plus grave, Rome a également pointé du doigt ses prêches radicales données à la mosquée de Verceil, qu’il a rejointe il y a deux ans.

De son côté M. Salvini, l’homme fort du gouvernement transalpin issu de l’extrême droite, n’a pas mâché ses mots pour commenter cette décision sur Twitter :

« Expulsion d’un ex-imam radical, violent et éloigné de deux communautés musulmanes. Tolérance zéro pour ceux qui, au nom d’un Dieu, essaient de nous faire la guerre chez nous. »

Comme le rappelle le site Bladi, Rome a décidé depuis janvier 2018 de sévir davantage contre les personnes accusées de terrorisme ou de radicalisation. Ainsi depuis cette date, 109 individus ont “rejoint” leur pays d’origine en raison de la menace qu’ils faisaient peser sur la sécurité nationale.

Les migrants également dans le viseur de Salvini

Mais ce n’est pas tout, car l’Italie cherche parallèlement à réduire drastiquement l’arrivée de migrants sur son territoire. Salvini s’était d’ailleurs rendu à Tunis en septembre dernier pour trouver un arrangement avec le géant maghrébin, particulièrement touché par “les désertions”.

L’intéressé avait alors mis les points sur les i devant la presse internationale à l’issue de son entretien avec le président tunisien, Béji Caïd Essebsi :

« Notre priorité est de bloquer les centaines de milliers d’arrivées incontrôlées que nous avons vécu ces dernières années. En ce sens, nous travaillons main dans la main avec Tunis pour raccompagner en Tunisie ceux qui viennent de Tunisie. »

Et pour cause, si une relative accalmie avait suivi la vague de départs découlant de la révolution de 2011 (plus de 30 000), les crus 2017 et 2018 ont attesté d’une rechute plus que marquante au pays du Jasmin. A tel point que les ressortissants tunisiens devancent désormais leurs homologues érythréens en termes d’arrivées irrégulières par mer sur le sol italien.