Bahreïn organise une réunion stratégique autour de la sécurité maritime dans le golfe Persique

Les golfes d’Aden, d’Oman et le détroit d’Ormuz sont actuellement la source de tensions entre l’Iran et le duo Washington-Riyad.

Manama organise les 21 et 22 octobre une réunion de grande ampleur à laquelle participent une soixantaine de nations. Le but étant de renforcer la sécurité des voies maritimes qui jouxtent le golfe Persique. Cette axe stratégique voit en effet transiter chaque jour 30% de la production planétaire d’or noir vers l’océan Indien.

Sans surprise, les autorités bahreïnies, proches alliées de leurs homologues saoudiennes, n’ont pas convié l’ennemi héréditaire iranien à “la fête”. Une décision qui ne concerne pourtant pas Israël alors que l’Etat hébreu et Manama n’entretiennent pas de relations diplomatiques. Enfin, concernant le Vieux Continent, il est important de noter que seul le Royaume-Uni s’est déplacé. Et pour cause, la plupart des pays européens ne souhaitent pas compromettre leurs relations avec l’Iran… déjà touché par une “crise nucléaire” préoccupante avec les Etats-Unis.

Téhéran botte en touche

Dans les faits, le géant perse a dépêché dans le golfe Persique son navire de guerre le plus dissuasif alors que les tensions avec l’Arabie saoudite sont extrêmement préoccupantes dans la zone. Et pour cause, Téhéran est suspectée par Riyad d’avoir orchestré au mois de mai le sabotage de deux pétroliers saoudiens, en mer d’Oman, à proximité de la ville émiratie de Fujairah.

Si le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al-Falih, avait alors confirmé qu’aucun blessé et fuite de carburant n’étaient à déplorer, l’intéressé avait toutefois fustigé les importants dégâts constatés à bord des embarcations. Plus troublant, l’une d’elle prenait la direction du terminal saoudien de Ras Tanura pour se recharger en pétrole au profit de clients américains.

Une donnée qui n’est, bien sûr, pas de nature à rassurer Washington partenaire du royaume mené par le prince Mohamed ben Salman. Sachant que l’oncle Sam n’a pas hésité, en novembre 2018, à réimposer des sanctions drastiques envers Téhéran. Et cela, en dénonçant l’accord sur le nucléaire signé en grande pompe, à Vienne, en juillet 2015.

L’Iran, cible numéro de la réunion

Depuis, la situation n’a fait que s’aggraver, avec “au menu” plusieurs attaques de navires, des drones abattus, ainsi que des pétroliers saisis. Mais ce n’est pas tout, car le président américain, Donald Trump, a annulé en juin, au plus fort de la crise, des frappes aériennes contre l’Iran après la destruction d’un drone US par les forces de la République islamique.

Face à ce postulat, Riyad a donc confirmé, via un communiqué laconique mais lourd de sens, que « la rencontre (de Manama) représentait une occasion d’échanger les points de vues sur les moyens de faire face à la menace iranienne et garantir la liberté de navigation (dans la zone) ».

De son côté, le Bahreïn a indiqué que les membres présents « devaient adopter une position claire (…) et prendre les mesures nécessaires pour (se) protéger des Etats voyous ».

A suivre…

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