Somalie : les Etats-Unis accusés de bavures militaires

Engagé aux côtés des Somaliens dans la lutte contre les shebab, Washington pourrait devoir répondre de crimes de guerre.

Après presque 30 ans “d’abstinence”, les Etats-Unis reprennent peu à peu pied sur le sol somalien. La réouverture en décembre dernier de l’ambassade US à Mogadiscio en est d’ailleurs l’exemple le plus marquant.

Le géant outre-Atlantique avait en effet tourné cette page diplomatique en quittant la capitale en 1991, alors que la guerre civile faisait rage. Cette annonce est donc venue donner du poids à l’offensive américaine en Somalie contre le groupe djihadiste, shebab.

Dans les faits, l’armée US qui dispose de 5 bases militaires sur le territoire, opère régulièrement par les airs pour frapper les terroristes. En conséquence, plus d’une trentaine d’attaques par drone ont « animé » l’année 2018.

Concrètement, cette augmentation fait suite à une réforme de l’administration Trump qui a classé, en mars et septembre 2017, plusieurs régions somaliennes en « zone d’hostilité active ». Un statut facilitant les procédures autorisant ces frappes.

Un bilan « en dents de scie »

Pour autant, si les résultats militaires sont au rendez-vous, un autre aspect de ce dossier pourrait venir noircir le bilan de l’oncle Sam. Amnesty International révèle en effet que les frappes américaines en Somalie, « dont le nombre a considérablement augmenté ces deux dernières années, ont tué des civils en plus des islamistes shebab visés ».

« Les attaques semblent avoir violé la loi internationale humanitaire, et certaines pourraient représenter des crimes de guerre », poursuit ainsi l’ONG dans un rapport intitulé « La guerre cachée des Etats-unis en Somalie ». Le document se fonde en effet sur 150 entretiens avec des témoins, des proches de civils tués et des experts de questions sécuritaires, relaie Le Monde.

Qui ajoute que « les informations recueillies (proviennent) d’images satellites, des photos des cratères laissés par les explosions, ainsi que des fragments de munition collectés sur les sites ».

A suivre donc…

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