Liban : Gebran Bassil à Davos sur fond de polémique

Le chef du CPL a participé au Forum économique mondial alors qu’il est la cible des manifestations qui secouent actuellement le Liban.

Tout faire pour empêcher le Liban, qui traverse actuellement une crise financière et économique importante,  de devenir un « Etat failli ». Voilà ce que l’ancien ministre des Affaires étrangères et chef du Courant patriotique libre (CPL, centre), Gebran Bassil, a déclaré depuis Davos, mercredi. Où il participait au Forum économique mondial, malgré une « violente campagne sur les réseaux sociaux contre sa participation », selon L’Orient-Le Jour, reprochant au gendre du président libanais, Michel Aoun, de faire partie de la classe politique accusée de corruption et d’incompétence, ciblée par les mobilisations citoyennes depuis octobre dernier.

M. Bassil a rejeté ces accusations, les qualifiant de « généralisation » contre l’élite du pays. « Je suis personnellement le seul responsable politique au Liban à avoir rendu publics ses comptes (en banque) et personne d’autre n’a osé le faire », a-t-il affirmé à l’appui de ses dires. Une polémique qui ne l’a pas empêché d’accorder plusieurs entretiens. Dont un à l’agence de presse Reuters, à qui il a affirmé que le Liban « est un modèle de coexistence qui pourrait être un vrai remède au terrorisme ». Si seulement il parvenait à se stabiliser. « C’est un pays que nous devons préserver, afin de pouvoir jouer ce rôle et le développer », a-t-il également affirmé.

Bonne foi

Comme le note Reuters, le Liban espère du nouveau gouvernement, formé mardi, qu’il puisse obtenir le soutien financier de plusieurs donateurs. Dont il a absolument besoin pour se sortir d’une « urgence économique profonde », alors que les protestations de plus en plus violentes menacent de faire basculer le pays dans un conflit « grave », en ces temps de troubles régionaux généralisés. Pour l’instant, les banques du pays limitent les retraits d’argent, et beaucoup d’entreprises ont stopper le versement des salaires. Les finances publiques, également, sont au bord de l’asphyxie, et l’Etat pourrait se retrouver en défaut de paiement sur sa dette, qui culmine à plus de 150 % du PIB.

Problème, selon certains analystes cités par Reuters, l’influence du Hezbollah – le parti politique chiite soutenu par l’Iran – au sein du nouveau cabinet, pourrait nuire à l’obtention par Beyrouth des aides financières nécessaires pour sortir de la crise. Sans compter que Gebran Bassil demeure la cible principale des manifestants, qui le considèrent comme l’un des responsables de la déroute actuelle du pays. Le patron du CPL, en gage de sa bonne foi, a d’ailleurs demandé, selon L’Orient-Le Jour, à la Suisse et aux Etats-Unis, notamment, d’aider à dévoiler de potentielles transactions illicites effectuées par des responsables politiques et fonctionnaires libanais.

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