Soudan : le secrétaire général de l’ONU appelle à un cessez-le-feu immédiat

Quelque 15,8 millions de personnes, soit un tiers de la population, avaient besoin d’aide humanitaire avant le début des combats.

Le coordonnateur humanitaire des Nations unies au Soudan a publié une déclaration, vendredi, appelant avec un ton ferme les deux parties à la lutte pour le pouvoir militaire à « mettre en œuvre des pauses humanitaires », qui permettraient aux civils et aux travailleurs humanitaires d’accéder aux fournitures essentielles.

« Je suis horrifié par le bilan des affrontements sur les civils, a déclaré Abdou Dieng. Au moins 331 personnes ont été tuées dans tout le pays, dont cinq travailleurs humanitaires, et près de 3 200 ont été blessées ».

Les affrontements entre les forces armées soudanaises et le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide (FSR) ont éclaté il y a une dizaine de jours, le 15 avril, et ont eu un impact dévastateur sur la vie des civils et sur l’importante opération d’aide humanitaire en cours à travers le Soudan.

« Besoins humanitaires complexes »

Les dernières informations partagées par le site Onu Info indiquent que les bombardements, les tirs d’obus et les fusillades se poursuivent sans relâche, en particulier dans la capitale du Soudan, Khartoum, et l’agence des Nations unies pour les migrations (OIM) a signalé vendredi que l’un de ses employés avait été victime de la violence.

« C’est avec le cœur lourd que je confirme la mort d’un membre dévoué du personnel de l’OIM au Soudan ce matin, après que le véhicule dans lequel il voyageait avec sa famille au sud d’El Obeid a été pris dans un feu croisé entre deux parties belligérantes », a déclaré le directeur général de l’OIM.

« La sécurité de l’ensemble du personnel de l’OIM est ma priorité absolue. Nous continuons à travailler avec nos partenaires des Nations unies pour mettre à jour notre réponse en matière de sécurité », a-t-il assuré, tandis que trois employés du Programme alimentaire mondial (PAM) ont aussi perdu la vie, dans le nord du Darfour, dès le début de l’affrontement militaire samedi.

M. Vitorino a déclaré que les combats récents avaient contraint l’OIM à suspendre ses opérations humanitaires au Soudan. « L’OIM opère au Soudan depuis 2000, répondant aux besoins humanitaires complexes du pays où l’on estime à 3,7 millions le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays », a tenu à rappeler le chef de l’OIM.

Quelque 15,8 millions de personnes au Soudan, soit un tiers de la population, avaient besoin d’une aide humanitaire avant le début des combats la semaine dernière.

« Période de paix et de réconciliation »

M. Dieng, rapporte ONU Info, a déclaré que de courtes pauses convenues dans les combats intenses entre les factions rivales, qui ont jusqu’à présent ignoré tous les appels au cessez-le-feu, permettraient aux civils d’avoir accès à la nourriture et à l’eau essentielles.

« L’accès aux structures de santé est également primordial. De nombreux hôpitaux ont dû fermer. Et dans ceux qui fonctionnent, les pannes de courant généralisées et le manque d’électricité exposent les patients à un risque élevé », a-t-il ajouté, alors que plusieurs hôpitaux manquent de sang et d’autres fournitures vitales.

« Les attaques contre les hôpitaux, le personnel humanitaire et les installations doivent cesser, a déclaré le coordinateur humanitaire. Alors que nous terminons le mois sacré du Ramadan et que nous célébrons l’Aïd al-Fitr, période de paix et de réconciliation, j’appelle toutes les parties au conflit à cesser immédiatement les combats et à travailler à une résolution pacifique ».

Jeudi, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un appel urgent en faveur d’un cessez-le-feu de trois jours pour l’Aïd, en tant que « première étape » vers une cessation permanente des hostilités, notant que les opérations humanitaires étaient devenues « virtuellement impossibles »

 

Crédits photo : Le secrétaire général des Nations unis, António Guterres, en 2016 (Wikimedia Commons).

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