Yémen : une guerre dévastatrice pour la santé mentale des enfants

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24.03.2020

L’ONG Save the Children évoque une vague de dépression chez les jeunes Yéménites en raison d’un contexte local insupportable.

Le conflit opposant les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, aux forces loyales au gouvernement, appuyé depuis 2015 par une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, piétine chaque jour un peu plus les droits de l’Homme, relaie La Tribune de Genève. Si les morts ne se comptent plus (plusieurs dizaines de milliers), les survivants eux semblent avoir perdu tout espoir de lendemain plus “lumineux”.

A commencer par les enfants, en première ligne dans ce drame humain tristement singulier qui comprend également plusieurs offensives régulières de groupes djihadistes comme Al-Qaïda ou encore l’Etat islamique.

Une enquête déprimante

Concrètement, l’ONG confirme que « les enfants sont terrifiés et ont trop peur de jouer dehors. Pire, (ces derniers) mouillent leurs draps quand ils entendent des avions au-dessus d’eux ou des bombes tomber ».

Mais ce n’est pas tout, d’après cette enquête sondant des jeunes âgés de 13 à 17 ans dans les provinces sudistes d’Aden, Lahj, et Taëz , « environ un enfant sur cinq déclare avoir toujours peur et de la peine. (Parallèlement), 52% avouent ne pas se sentir en sécurité lorsqu’ils ne sont pas avec leurs parents et 56% lorsqu’ils marchent seuls dehors ».

Au final, « 10,3 millions d’enfants sont en situation d’insécurité alimentaire, dont 2,1 millions souffrent de malnutrition aiguë, selon l’ONU. Sachant que près de 1,2 million d’enfants sont tombés malades du choléra, de la diphtérie ou de la dengue au cours des trois dernières années ».

La menace Covid-19 en ligne de mire

Au-delà ce triste constat vient malheureusement se greffer une autre problématique toute aussi épineuse, mais invisible cette fois : le risque de pandémie sur le territoire lié au Covid-19.

Si Sanaa n’a pas encore officialisé de cas, nul doute que la prolifération du virus dans le pays pourrait engendrer d’insolubles problèmes humanitaires et logistiques pour les services de santé locaux et internationaux.

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