Mauritanie : l’absence d’observateurs étrangers lors de la présidentielle inquiète

Le candidat anti-esclavagiste, Biram Dah Abeid, ne cache pas son inquiétude face au refus de transparence politique de Nouakchott.

« Le refus des autorités mauritaniennes d’accepter les observateurs (lors de la présidentielle du 22 juin) est un très mauvais signe. Cela corrobore nos inquiétudes sur la mauvaise foi du gouvernement et son intention de faire encore un coup d’État électoral contre le peuple mauritanien », fustige ainsi Biram Dah Abeid auprès de RFI.

Face à cette épée de Damoclès, le militant de la coalition Ira-Sawab – connu à l’international pour avoir obtenu en 2013 le prix onusien des droits de l’Homme, mais aussi pour avoir fini en deuxième position de l’élection présidentielle de 2014, derrière le chef d’Etat en place, Mohamed Ould Abdel Aziz – attend donc que la communauté internationale pèse de tout son poids et obtienne, enfin, une session électorale crédible :

« Je lance un appel pour que les autorités se ressaisissent à temps et que la Céni (Commission électorale nationale indépendante) rectifie la configuration et la constitution des bureaux de vote, de manière à ce que l’impartialité soit de rigueur. »

Sawab garant de l’existence politique de l’IRA

Pour rappel, l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) – créée en 2008 pour combattre le fléau de l’esclavage rongeant le pays malgré son abolition en 1981 – a trouvé un accord avec le parti politique Sawab en mai 2018 afin d’aligner des candidats sur la scène politique locale.

Une véritable victoire en soi pour l’ONG présidée par Biram Dah Abeid, censurée en Mauritanie en raison de l’essence même de son combat. Sawab est en effet reconnu par l’Etat et présente la particularité d’être proche des entités les plus critiques vis-à-vis des actions ou exactions menées par Nouakchott.

      Lire aussi : Entre esclavagisme et censure politique, la Mauritanie va devoir se réveiller en 2019