A Bethléem, un Noël assombri par la déclaration de Donald Trump sur Jérusalem

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24.12.2017

L’annonce du président américain « a créé des tensions autour de Jérusalem et détourné l’attention de Noël ».

La décision unilatérale prise le 6 décembre par Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël n’a pas fini de faire des remous. Bethléem, en Cisjordanie occupée, lieu de naissance du Christ selon la tradition chrétienne, a par exemple été le théâtre d’affrontements à la veille des fêtes de fin d’année. Alors que des millions de chrétiens dans le monde s’apprêtent dimanche à fêter Noël, les fidèles devaient participer à la messe de minuit dans l’église de la Nativité à Bethléem, où les célébrations sont néanmoins assombries.

Assister à la messe

L’annonce du président américain « a créé des tensions autour de Jérusalem et détourné l’attention de Noël », a regretté au cours des derniers jours l’archevêque Pierbattista Pizzaballa, un haut dignitaire catholique romain du Proche-Orient. Dimanche matin, sur la plage de la Mangeoire à Bethléem, l’ambiance paraissait ainsi plutôt morose, malgré les chants de Noël diffusés par haut-parleurs. Seules quelques dizaines de visiteurs palestiniens et étrangers bravaient le froid relatif et la grisaille. Depuis la montée des tensions liée à la décision américaine, « c’est triste », « les gens sortent peu », a dit à l’AFP Nahil Banoura, Palestinien de confession chrétienne originaire de Beit Chahour.

Depuis le 6 décembre, selon Mgr Pizzaballa, des dizaines de groupes ont annulé leur voyage, et les visiteurs étrangers, habituellement nombreux à Noël lorsque la situation sécuritaire le permet, se sont faits rares à Bethléem. Afin de faciliter les mouvements et l’accès des touristes et visiteurs, la police israélienne a de son côté indiqué que des unités supplémentaires seraient déployées à Jérusalem et aux points de passage pour accéder à Bethléem. Le ministère israélien du Tourisme a par ailleurs prévu des navettes entre ces deux villes pour transporter les fidèles souhaitant assister à la messe.

Dignitaires chrétiens

Pour les Palestiniens, chrétiens comme musulmans, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Washington ne préjuge pas seulement du résultat de négociations, dont le statut de la ville devrait faire l’objet. Elle nie l’identité arabe de Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, et mine leur aspiration à établir un jour la capitale de leur futur État dans la partie orientale de la ville.

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Dans la Syrie voisine ou en Irak, deux pays où le groupe djihadiste État islamique (EI) a été chassé en 2017 de la très grande majorité des territoires conquis il y a trois ans, des minorités chrétiennes renouent en revanche cette année avec les célébrations de Noël. C’est le cas notamment à Mossoul, deuxième ville d’Irak reprise en juillet par les forces irakiennes avec l’aide de la coalition internationale. La prise par les djihadistes de Mossoul à l’été 2014 avait vu la fuite de nombreux chrétiens. Même si une petite partie seulement est revenue, l’église Saint-Paul a de nouveau résonné dimanche de chants de Noël, lors d’une messe célébrée en présence de dignitaires chrétiens mais aussi de responsables irakiens.

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Nombreux attentats

En Syrie, dans l’autre ex-bastion de l’EI, Raqqa, repris en octobre par une coalition de forces kurdes et arabes, il faudra encore attendre avant de retrouver l’esprit de Noël : même si deux églises historiques ont été déminées, les habitants ne sont pas encore revenus. À Homs (centre), en revanche, la communauté chrétienne célébrera Noël pour la première fois depuis la reprise totale de la ville par le régime de Bachar el-Assad et la fin des combats, avec des récitals, procession, spectacles pour enfants et décorations parmi les ruines. Dans la capitale syrienne Damas, les rues des quartiers à majorité chrétienne, comme Bab Touma, sont aussi ornées à l’occasion des fêtes, avec des sapins miniatures décorés avec des paillettes dorées ou argentées.

La situation des chrétiens d’Orient demeure toutefois précaire, comme en Égypte, où les Coptes sont régulièrement victimes d’agressions d’extrémistes. Vendredi, une église du sud du Caire a été attaquée par des centaines de personnes qui ont détruit le mobilier et agressé les fidèles avant l’intervention des forces de sécurité, selon l’archevêché d’Atfieh. Les Coptes, qui célèbrent Noël le 6 janvier, ont été visés par de nombreux attentats ces derniers mois, la plupart revendiqués par l’EI. Qui devrait disparaitre définitivement, en tant qu’organisation, dans les premiers mois de 2018, comme l’avait annoncé Emmanuel Macron en novembre dernier. Un cadeau de Noël avant l’heure, en quelques sortes.

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Avec AFP

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