La Jordanie critiquée pour sa politique sociale envers les réfugiés syriens

Les réfugiés syriens vivant hors des camps en Jordanie n’ont désormais plus accès à l’assurance médicale publique.

Amman mène une politique sociale décidément peu lisible en ce qui concerne les migrants en provenance du voisin syrien, ravagé par la guerre. Le 04 mars dernier, l’Etat avait en effet régularisé la situation des réfugiés qui vivaient sans permis de résidence dans les villes, hors des camps de réfugiés. Un geste important qui offre désormais aux malheureux la possibilité de trouver un emploi ou un logement sur le territoire jordanien. Le tout, sans avoir l’épée de Damoclès de l’arrestation au-dessus de la tête.

Pourtant, depuis le 24 janvier, le gouvernement n’accorde plus d’assurance médicale publique pour ces hommes et femmes, relaie Le Devoir. Une situation peu concordante, donc, que l’ONG, Human Rights Watch (HRW), ne manque pas de dénoncer.

« Cette décision met les gens dans l’incapacité de payer des soins car elle requiert des réfugiés syriens vivant hors des camps qu’ils payent le même prix que les étrangers dans les hôpitaux publics et qu’ils avancent 80 % de la somme », fustige ainsi le communiqué de l’organisation en date du 25 mars.

Amman resserre les cordons de la bourse 

Un changement de cap en la matière d’autant plus incompréhensible que « les Syriens bénéficiaient de soins gratuits entre 2012 et 2014, et obtenaient depuis la même assurance médicale que les Jordaniens », poursuit HRW, qui chiffre entre 30 000 et 50 000 le nombre de personnes frappées par la mesure.

Il est important de noter que l’Etat n’a pas justifié cette “coupure budgétaire”, bien qu’il ait régulièrement fustigé par le passé le coût des soins occasionné par les réfugiés syriens, estimé à 1,7 milliard d’euros depuis le début du conflit. Une note, qui rappelons-le, découle à 66 % de donations internationales.

Pour rappel, 650 000 réfugiés syriens sont enregistrés auprès du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) en Jordanie, pays qui partage avec la Syrie quelques 370 kilomètres de frontière, rappelle Le Devoir.

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