Gaz naturel, pétrole, énergies renouvelables : où en est l’Egypte ?

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26.07.2018

L’Egypte vient d’inaugurer 4 centrales électriques, dont le plus grand parc éolien d’Afrique, mais reste très dépendante des fossiles.

Le monde énergétique, en Egypte, évolue petit à petit. L’Etat a inauguré mardi dernier la centrale de Gabal El Zeit, la plus grande station de production électrique éolienne en Afrique et au Moyen-Orient. Munie de 300 éoliennes – pour 580 mégawatts (MW) produits, soit 5 % de l’électricité consommée en Egypte -, la station produira autant d’électricité que le haut barrage d’Assouan, en service depuis 1973. Et pourra voir sa production augmenter, dans les prochaines années, avec l’installation de nouvelles éoliennes. Le même jour, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a salué le lancement de trois nouvelles centrales électriques, qui devraient répondre aux besoins en électricité des 100 millions d’habitants – en été, surtout, alors que les pannes et pénuries d’énergie se font très fréquentes.

Principal consommateur d’hydrocarbures en Afrique

« Aujourd’hui est un jour d’espoir, a estimé le chef de l’Etat. Nous avons parcouru un long chemin dans l’un des éléments les plus importants de la construction et du développement de l’Etat. » A savoir : fournir en électricité, non seulement les citoyens, mais surtout les industries et autres professionnels, qui pâtissent en premier des coupures de courant. A la centrale de Gabal El Zeit s’ajoutent donc une centrale au gaz dans la nouvelle ville en construction à l’est du Caire – et futur siège du gouvernement -, ainsi que deux centrales de 4 800 MW chacune. D’après Mohamed Erfan, le responsable de l’Autorité de contrôle administratif, ces nouvelles installations devraient produire un « surplus de 25 % d’électricité » et permettre d’économiser 1 milliard de dollars de pétrole par an.

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Car le recours à l’or noir, dans le pays, reste très important. D’après le média Connaissance des énergies« la consommation de pétrole et d’autres hydrocarbures liquides a […] connu une forte hausse en Egypte – la demande de brut a augmenté de 16 % entre 2007 et 2017 – et devrait continuer à augmenter malgré la mise en œuvre de réformes réduisant les subventions à la consommation. » Si Le Caire joue un rôle prépondérant dans le transit mondial de pétrole et de gaz naturel, via le canal de Suez notamment, l’Etat égyptien n’a pas rejoint pour autant l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), « compte tenu de ses capacités d’exportation limitées en comparaison avec les pays membres. » Ce qui ne l’empêche pas de rester le principal consommateur d’hydrocarbures en Afrique.

Accord préliminaire avec Rosatom

Selon Connaissance des énergies, l’Egypte compte ainsi respectivement pour 22 % et 37 % de la demande en pétrole et en gaz naturel sur le continent. Des énergies fossiles qui satisfont encore près de 95 % de la consommation d’énergie égyptienne. « Le gaz naturel compte à lui seul pour près de la moitié de la consommation d’énergie primaire en Egypte » renseigne le média, qui ajoute que « les importations de gaz naturel seront toujours nécessaires pour satisfaire la demande domestique. » Ceci malgré la découverte de nouveaux gisements à l’intérieur du pays et l’ouverture de nouvelles centrales. De quoi, espère le gouvernement, retrouver une certaine indépendance énergétique, alors que l’Egypte est devenue importatrice nette de gaz en 2015. Quid, alors, des énergies renouvelables ?

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L’Etat, depuis 2014, a investi 515 milliards de livres (25 milliards d’euros) dans des projets afin de diversifier ses sources énergétiques – constituées autrefois à 90 % de gaz naturel. Le but ? Couvrir 20 % de ses besoins en énergie grâce aux renouvelables d’ici 2022 – et jusqu’à 40 % d’ici 2035. Actuellement, les énergies vertes ne représentent que 3 % de la demande énergétique égyptienne. Un chiffre que le gouvernement espère donc voir évoluer, notamment grâce à une imposante centrale solaire en construction dans le sud de l’Egypte. Et qui, une fois inaugurée, devrait porter à 15 % le taux d’électricité renouvelable consommée. Quant au nucléaire, si le pays dispose d’un programme de recherche, il ne possède pas encore de tranche commerciale. Tout juste l’Egypte a-t-elle signé un accord préliminaire avec Rosatom pour la construction d’une centrale à l’ouest d’Alexandrie, qui ne devrait pas voir le jour de sitôt.