Mauritanie : une ancienne esclave se lance en politique sous la bannière de l’IRA

L’IRA a décidé de frapper aussi fort que symboliquement dans un pays gangrené par un fléau plus que tabou : l’esclavage

Alors que la problématique de l’esclavage est toujours aussi prégnante en Mauritanie, l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et le parti Sawab vont lancer une ancienne esclave dans le grand bain des législatives qui auront lieu le 1er septembre prochain.

Bien qu’aboli en 1981, ce dernier continue malheureusement à prospérer contre vents et marées au sein de toutes les couches de la société mauritanienne. Si l’ONG a connu jusque-là une répression résolument active des autorités – mêlant intimidations et arrestations – son leader historique, Biram Dah Abeid, a désormais une nouvelle carte en main pour se faire entendre.

Et pas des moindres, puisque l’intéressé a entériné en mai dernier une alliance avec une formation politique reconnue par Nouakchott, le parti Sawab. Ce dernier présente en effet la particularité d’être proche des entités mauritaniennes les plus critiques vis-à-vis des actions ou exactions menées par le gouvernement de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Un mariage de raison tout simplement. D’autant plus que les élections législatives approchent à grands pas (tout comme les scrutins locaux et régionaux). Une échéance que cette coalition en faveur des droits de l’Homme entend bien frapper du sceau humaniste pour renforcer son aura médiatique, relaie Jeune Afrique.

La symbolique comme argument de séduction

Deux candidates “atypiques” vont ainsi être lancées dans le grand bain “législatif”. Il s’agit d’une part de « Habi Mint Rabah, une ancienne esclave libérée en 2008, grâce au mouvement IRA, après trente-cinq ans de captivité. Et d’autre part d’Adama Sy, veuve d’un militaire assassiné, parmi d’autres négro-africains, au cours des années 90 ».

Pour rappel, l’Etat a voté très récemment un durcissement de la loi régissant les partis politiques. Ainsi, selon les termes du texte énoncés par le ministre de l’Intérieur en personne, un parti politique qui participera deux fois de suite à une élection municipale sans atteindre 1 % des suffrages exprimés subira la dissolition. (Parallèlement), en cas de non-participation deux fois consécutives à un scrutin local, ce dernier subira le même sort.

L’IRA passera donc un véritable test lors de l’appel aux urnes.