France-Qatar : une relation loin d’être à sens unique [Infographie]

Contrairement aux idées reçues, la relation franco-qatarie bénéficie aux deux parties.

On entend bien souvent que « le Qatar rachète la France » à grands coups de pétrodollars. Ceci dans le seul but de satisfaire les desiderata qataris. Mais sait-on que la relation franco-qatarie est à double sens, profitable pour l’une comme pour l’autre des parties ? Mieux, selon l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), qui rendait en 2016 un rapport sur les relations économiques entre Paris et Doha : « Les échanges commerciaux entre la France et le Qatar sont plutôt profitables à la France du point de vue du solde commercial ». De quoi tordre le cou à certaines idées reçues.

Forte concurrence

En quelques années, l’intérêt du petit émirat pour les produits tricolores s’est considérablement développé. Entre 2010 et 2017, les exportations françaises au Qatar sont ainsi passées de 694 millions d’euros à près de 2 milliards d’euros (1,99 milliard d’euros). Avec une mention spéciale aux matériels de transport et aux produits agricoles et alimentaires : de 181 millions d’euros à 1,46 milliard d’euros pour les premiers ; 28 millions d’euros à 80 millions d’euros pour les seconds. Sans compter les 108 implantations d’entreprises françaises sur le territoire qatari.

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« La balance commerciale de la France avec le Qatar est par conséquent généralement excédentaire, les exportations françaises au Qatar dépassant les importations du Qatar en France » conclut l’IRIS. Ceci malgré la forte concurrence qui existe. En 2015, par exemple, Paris détient 9,15 % de parts de marché au Qatar, en deuxième position derrière les États-Unis (13,7 %), mais devant la Chine (8,5 %), le Royaume-Uni (7,8 %) ou encore le Japon (4,9 %), d’après les chiffres du FMI. Une bonne entente, entre la France et le Qatar, souvent raillée dans l’Hexagone, qui s’explique facilement.

Paris Saint-Germain

Les deux économies, très différentes, affichent en réalité une très forte complémentarité. Et, connaissent, dans un premier temps, les mêmes enjeux. « Ces dernières années et pour des raisons différentes dans les deux cas, le climat des affaires en France et au Qatar s’est dégradé » selon la note de l’IRIS. Baisse du prix des hydrocarbures sur fond récent de tensions régionales avec l’Arabie saoudite pour le second ; déficit de compétitivité économique à la suite de la crise financière de 2008 pour la première. Les deux pays, pour résumer, se sont offerts mutuellement ce qu’il manquait à l’autre.

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Le Qatar cherchait à se moderniser tout en écoulant ses stocks d’hydrocarbures ? La France, en échange, avait à proposer une certaine « connaissance » et des technologies avancées. Résultat : en 2017, il y a eu 2,7 milliards d’euros d’échanges commerciaux entre les deux acteurs — avec, on l’a vu, une balance commerciale au beau fixe pour la France. Et l’image de l’Hexagone, à certains égards, sort renforcée de cette bonne entente. À l’étranger, qui connaissait — et supportait — le club de football du Paris Saint-Germain, avant que le Qatar ne le rachète en 2011 ?

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