Israël : Nétanyahou retire sa demande d’immunité

Cette décision pourrait avoir des motifs politiques, à quelques semaines de nouvelles législatives en Israël.

Actuellement en déplacement à Washington, où il doit assister mardi au lancement par Donald Trump de son « plan du siècle » pour la sauvegarde du Moyen-Orient, Benjamin Nétanyahou garde constamment un œil sur son pays, où il demeure inculpé dans trois affaires pour fraude, abus de confiance et corruption. Alors que la Knesset (le parlement israélien) devait se réunir ce jour pour discuter de la demande d’immunité effectuée par le Premier ministre, celui-ci vient de la retirer, quelques heures avant le début des procédures parlementaires.

Législatives israéliennes

Dans une déclaration sur sa page Facebook, Benjamin Nétanyahou a fait savoir qu’il avait « décidé de ne pas laisser ce sale jeu se poursuivre »« En cette heure fatidique pour le peuple d’Israël, alors que je suis aux Etats-Unis pour une mission historique visant à concevoir les frontières permanentes d’Israël et à assurer notre sécurité pour les décennies à venir, la Knesset devrait commencer un nouveau spectacle dans le cirque de la levée de mon immunité », a-t-il également expliqué.

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Comme le mentionne l’agence américaine Associated Press (AP), il était attendu que le parlement israélien rejette la demande d’immunité de Nétanyahou – les parlementaires devraient tout de même se réunir, quand bien même le chef du gouvernement a retiré sa demande. Ce revers, pour certains, aurait sans doute porté un coup sévère au Premier ministre juste avant les élections législatives du 2 mars – les troisièmes en moins d’un an. D’ailleurs, le parti de Nétanyahou, le Likoud (droite), a prévu de boycotter la session parlementaire de ce jour.

Poursuites judiciaires

Si la rétractation du Premier ministre ouvre désormais la voie à des poursuites judiciaires contre lui, alors qu’il a toujours nié avoir commis quelque acte répréhensible que ce soit, Benjamin Nétanyahou remet plus que jamais son avenir politique (et judiciaire) entre les mais des électeurs. Ces derniers auront manifestement à trancher entre le candidat du Likoud et son principal rival, Benny Gantz (parti Bleu Blanc, centre), qui avaient terminé à égalité de sièges (32) au précédent scrutin, en septembre dernier.

Benjamin Nétanyahou compte en particulier sur le « plan du siècle » de Donald Trump, qu’il considère comme l’un des « meilleurs amis » qu’Israël ait jamais connu, pour faire pencher la balance en sa faveur. Il ne fait plus guère de doute que les mesures proposées par le président américain favoriseront grandement Israël, au détriment des Palestiniens, qui ont déjà averti qu’ils s’y opposeraient. Ce qui devrait plaire aux électeurs israéliens les plus à droite.

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