Tunisie : la visite d’Emmanuel Macron placée sous le signe de l’économie

Le gouvernement tunisien attend des gestes forts de la part du président français en visite mercredi à Tunis.

Alors que la Tunisie sort difficilement d’une période de troubles sociaux, cette dernière s’apprête a accueillir en grande pompe son premier partenaire politique et économique. Emmanuel Macron, de son côté, ne viendra pas « les mains vides » puisqu’il sera accompagné d’une solide délégation composée de plusieurs ministres et d’hommes d’affaires « de poids », à l’image de Stéphane Richard, PDG d’Orange, et de Xavier Niel, son homologue de Free.

Si la transition démocratique tunisienne occupera largement les débats – tout comme la problématique libyenne et la question du retour des combattants djihadistes du front syro-irakien -, les tractations avec le gouvernement de Béji Caïd Essebsi prendront logiquement un fort accent économique. Plusieurs annonces d’envergure sont ainsi à prévoir de la part de M. Macron, qui abordera sans nul doute la reconversion de la dette économique tunisienne vis-à-vis de la France, mais également la signature de plusieurs partenariats d’envergure.

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Augmentation des investissements

Le chef de la diplomatie tunisienne, Khemaïes Jhinaoui, a d’ailleurs déjà lancé les hostilités sur ce dossier, la semaine dernière à Davos (Suisse), lors du World Economic Forum. « Nous attendons beaucoup de cette visite, notamment une augmentation des investissements, car la Tunisie a effectué des réformes pour être plus attractive », a-t-il martelé face à la presse internationale. Dans le même temps, le politologue tunisien Selim Kharrat n’a pas manqué de souligner que « les Tunisiens seront tentés de demander à la France d’augmenter son aide au développement en raison des tensions sociales que vit actuellement le pays ».

Pour rappel, la Tunisie entrevoit un léger rayon de soleil avec une reprise timide du tourisme faisant suite à une très mauvaise publicité liée au terrorisme. La croissance repart donc à la hausse (+2 % en 2017). Toutefois, le chantier reste abyssal en matière d’emploi puisque « le chômage reste supérieur à 15 % et dépasse même 30 % chez les jeunes diplômés », indique Le Point.

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