Le conflit israélo-palestinien « ne peut être géré à perpétuité »

La secrétaire générale adjointe de l’ONU a déclaré, lundi, que le statu quo entre Israël et la Palestine ne ferait qu’aggraver la situation.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Moyen-Orient, lundi 29 avril, une responsable du secrétariat des Nations unies (ONU) a prévenu les Etats membres que le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne pouvait pas être « géré » éternellement et que le statu quo ne conduirait qu’à davantage de radicalisation et de souffrances.

« Sous la pression de la violence, de l’expansion des colonies de peuplement, des mesures unilatérales, des divisions intra-palestiniennes et de la méfiance mutuelle grandissante, les perspectives d’une paix juste et durable demeurent de plus en plus incertaines », a dit la secrétaire générale adjointe de l’ONU aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, lors de la réunion.

« Procédures en vigueur »

« L’espoir d’une solution à deux Etats continue d’être remplacé par les craintes grandissantes d’une future annexion. La possibilité d’établir un Etat palestinien viable et contigu continue d’être érodée par les faits sur le terrain, a-t-elle ajouté. Les Nations Unies ont à plusieurs reprises averti que le conflit ne pouvait pas être géré à perpétuité. Le statu quo ne fera qu’aggraver la détérioration de la situation, augmentera la radicalisation de chaque côté, et entraînera davantage de souffrances et de conflits ».

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Vendredi dernier, au moins 60 Palestiniens ont été blessés lors de heurts le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël, selon le ministère gazaoui de la Santé. « 7 000 émeutiers et manifestants » s’étaient rassemblés à plusieurs endroits le long de la frontière, a fait savoir une porte-parole de l’armée israélienne. « Les soldats israéliens ont […] repéré plusieurs suspects tentant de traverser la barrière de sécurité et de s’infiltrer en Israël », a-t-elle ajouté. Ce qui a incité les soldats israéliens à répondre « conformément aux procédures en vigueur ».

Violation du droit international

Les Gazaouis participaient à la « marche du retour », ces rassemblements qui ont lieu toutes les semaines depuis le 30 mars 2018 à la frontière avec Israël, pour réclamer le droit au retour sur les territoires palestiniens occupés et l’arrêt du blocus qui étouffe la petite enclave depuis plus de 10 ans. En un peu plus d’un an, plus de 265 Palestiniens sont morts lors des vagues de protestation, ce qui pourrait d’ailleurs valoir à Tel-Aviv d’être poursuivie pour « crimes de guerre », selon l’ONU.

« Comme nous le répétons constamment, la crise à Gaza est essentiellement politique. Des progrès significatifs concernant la levée du blocus et la réconciliation intra-palestinienne restent essentiels », a affirmé Rosemary DiCarlo, secrétaire générale adjointe de l’ONU aux affaires politiques.

La secrétaire générale adjointe a regretté « l’absence prolongée de solution politique au conflit », dont l’issue paraît de plus en plus lointaine. Rosemary DiCarlo a ajouté que « les autorités israéliennes ont programmé au moins 2 100 logements dans les colonies de la zone C [qui représente environ 60 % du territoire de la Cisjordanie, ndlr] et lancé des appels d’offres pour quelque 950 unités supplémentaires ». Tout en rappelant que les colonies constituaient une violation du droit international.

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