Soudan du Sud : les personnes handicapées toujours plus isolées

Au sein d’une nation gangrenée par la guerre civile, les handicapés subissent en première ligne une cruauté humaine généralisée.

Alors que les luttes intestines opposant le président Salva Kiir à son ancien vice-président, Riek Machar, inscrivent en pointillés l’avenir du Soudan du Sud – au point que Washington renonce à un florilège de programmes d’assistance envers Djouba – des personnes semblent totalement perdues dans la masse. Il s’agit des  handicapés, toujours plus marginalisés et persécutés.

Ces hommes, femmes et enfants ont en effet pour seul refuge le regard bienveillant de leurs parents qui savent que sans eux leur vie est en danger. Et pour cause, ces malheureux « jouissent »du triste statut de paria sur le territoire, relaie Le Point, qui se fait écho du cas de la jeune Nyamet, atteinte de paralysie cérébrale.

Son destin a basculé à l’âge de 7 ans lorsque son village a été attaqué par des soldats. Alors que les autres infirmes et vieillards n’ont pas pu prendre la fuite et ont tous été tués, la mère de Niamey a pu la prendre dans ses bras et courir à n’en plus finir.

Aucun avenir

Aujourd’hui, la jeune fille âgée de 11 ans vit dans un camp sordide de la capitale et son quotidien n’a toujours rien de normal, c’est une évidence. Déscolarisée, elle passe le plus clair de son temps allongée dans un abri en tôle ondulée à proximité de l’habitation de fortune de ses parents. Sans possibilité d’entrevoir un autre avenir.

« Si elle allait à l’école, les enfants se moqueraient d’elle et la harcèleraient. C’est pourquoi je préfère qu’elle reste à la maison (…) Je ne peux même pas m’éloigner du camp ou trouver un travail. Je dois prendre soin de ma fille en permanence », soupire ainsi sa mère.

Malheureusement, la situation de Niamey n’est qu’un cas parmi tant d’autres dans un pays qui dénombre 250 000 handicapés : « (Ces derniers) n’ont pas de soutien et sont souvent abandonnés par leur famille. Il y a un manque cruel de sensibilisation et personne ne sait comment s’occuper d’eux », confirme avec vigueur Seme Lado, de l’Union des personnes handicapées physiques.

Et ce salut inespéré ne viendra vraisemblablement pas des autorités, puisque Juba ne réserve que 3% de son budget à la Santé…

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